Ce qu'implique le Droit à la Vie.


Les origines exactes de la vie sont encore un mystère. Mais nous savons par ses manifestations qu’elle obéit à des lois, notamment celles de l’évolution. 
Toute espèce vivante s’adapte à un environnement qui change lui-même, et le succès de chaque espèce se constate par un fait simple : La survie. Ainsi quatre êtres vivants exceptionnellement anciens (cent millions d’années et plus) comme la fougère, le cafard, le requin et la fourmi, donnent l’exemple du succès puisqu’ils sont encore là, alors que tant d’autres qui étaient en compétition avec eux ont disparu.
Le droit que la nature attribue à chaque être vivant est celui de la force. Elle l'attribue de fait, car la nature n'est pas juriste... Chaque individu d’une espèce s’efforce de se survivre d’abord à lui-même. C’est le plus gros mâle phoque qui a droit aux femelles et à la place sur le plus haut rocher de la crique. C’est la poule la plus forte qui impose son droit prioritaire à picorer le ver qui sort du sol. Le premier occupant d’un territoire qu’il veut s’approprier y arrivera par la force et la violence. Le droit du plus fort est le seul droit naturel, y compris pour les ancêtres de l’homme qui étaient des primates parmi d’autres, se distinguant par la station parfaitement verticale.
L’être humain capable d’humanité (voir http://www.comitebastille.org/2016/09/quest-ce-quun-etre-humain-en-tout-cas.html) se distingue des autres primates par ce qu’il invente des concepts originaux : Vérité, justice, bienveillance, droits de l’homme, Etat de Droit (République), Souveraineté du Peuple (Démocratie), etc. Il invente ces concepts, insistons bien, seulement depuis quelques millénaires, alors qu’Homo Sapiens existe depuis au moins cent mille ans. Ces concepts créés par l’humain sont donc des artefacts, ils sont artificiels. Et c'est une qualité.
Ces droits découlent d’un seul droit originel : L’être humain revendique le droit à la vie, et cherche à bâtir un ordre politique qui respecterait ce droit absolument. Pourquoi y prétend t-il ?
Son raisonnement d’humain capable d’humanité est : 
Je n’ai pas demandé à naître. Je n’ai pas demandé à vivre à cette époque et dans ce pays précis. Je n’ai pas choisi mon sexe. Je n’ai pas choisi mes parents ni mes frères et sœurs. Si je suis né, c’est qu’ils m’ont voulu, dans une société qui les y a encouragés, parce que chaque vie n’a qu’un temps et qu’il faut que la procréation fonctionne pour assurer le renouvellement des générations. Et ce renouvellement, c’est moi. 
Vous, famille, société, et nation, avez voulu que je vive. Eh bien, soyez logiques avec vous-mêmes. Je demande ce droit à la vie. Je vais tenter de jouer ce jeu, mais voyons quelles cartes me sont distribuées. Le droit de la force ne m’intéresse pas parce que je ne suis pas un animal, c'est vous qui le dites. Je revendique le droit à une vie humaine, se distinguant d’une vie animale ; ce n’est pas un droit à n’importe quelle vie. Par exemple une vie d’esclave, ou de cochon qu’on engraisse pour le manger, ou de chair à canon qu’on forme à charger au tambour, n’est pas mon idée de la vie. 
Il demande à ceux qui l’ont mis au monde de le guider à ses débuts (enfance, adolescence) vers une vie humaine, donc digne. Dignité.  Elle impliquera aussi une mort digne, mort accompagnée par d'autres qui sont conscients de qui va mourir, et qui veillent avec compassion à ce qu'il reste jusqu'au dernier souffle un être humain, qu'on connait, et qui laisse une trace écrite indélébile afin qu'il contribue à l'Histoire.
Il demande une vie qui ait un sens qu’il comprenne, auquel il puisse adhérer. Ce pourquoi il faut qu’il puisse s’instruire, s’informer et trouver une réponse à ses questions. Il demande que la vérité ne lui soit pas interdite s’il la cherche. Vérité.  
Pour qu’il la cherche, il doit être libre de la chercher là où son esprit curieux le mène. Liberté. 
Une vie d’être humain, qui ait un sens, implique la liberté de pensée et d’expression, hors d’atteinte de tout pouvoir. Cela s’appelle Laïcité. Voir http://www.comitebastille.org/p/blog-page_18.html
Liberté veut dire prise de risques et responsabilité, qu’il accepte. La sanction de ses erreurs ou de ses fautes peut venir de la force des choses, tempête ou inondation. Elle peut aussi venir de ce qu’il a causé un dommage à autrui, ou même à la société. Il est alors sanctionné par la loi. Justice.  
Et il peut lui aussi être victime des malversations de ses semblables. Là, il exige l’égalité devant la loi. Elle doit être la même pour tous. Égalité.
Cette loi qui est la même pour tous ne peut évidemment pas du tout garantir une égalité en tout, une égalité des conditions mêmes. Donc des nouveaux nés si proches en conditions au départ vont devenir des humains très différents en goûts, en talents, en caractère, en fortune matérielle, en pouvoir d’influence, en créativité…  Il l’accepte, mais il suppose que, dans cette société humaine ou il a été parachuté pour y participer à son tour, la sagesse des lois est suffisante pour que des fortunes ne puissent être formées qu’en résultat d’une véritable création de richesses bénéfique aux autres, et non pas par la spoliation d’une foule d’êtres humains pauvres, isolés, moins bien informés, mais en général de bonne foi et de bonne volonté. Or ce n’est pas le cas ! Voir Financiarisation, à http://www.comitebastille.org/p/blog-page_6.html et à http://www.comitebastille.org/2017/03/petit-precis-de-financiarisation-pour.html
Existe-t-elle quelque part, cette société qui inviterait ainsi chaleureusement l’humain nouveau-né à s’accomplir pour devenir capable de cette humanité qui le distingue de l’animal ? 
Disons que, dans une échelle de temps qui englobe mille siècles d’histoire, du paléolithique à l’âge d’Internet, nous Français et Européens avons tout de même fait des progrès incontestables; et que malgré ses innombrables faiblesses, fausses routes, faillites, telle qu’elle est, parmi les cent quatre-vingt-douze membres des Nations Unies, la France, qui survit depuis seize siècles, est une des quelques nations tout à la pointe de ce progrès. Donc ne crachons pas trop dessus…
Mais les Français, eux, ressentent les effets d'une crise profonde ici et maintenant. Ils pensent que cela devient de plus en plus difficile d'être capable d'humanité. La confusion et les surprises qui ont été la règle pendant cette campagne électorale 2017 qui continuera à nous surprendre après l’élection du prochain Président révèle un désarroi général, amplifié bien sûr par le peu de sérieux de la plupart des programmes, et des débats télévisés qui ont fait presque toute la place aux égos en présence, aux scandales, et à leur alimentation.
Nous pouvons en sortir. La racine de cette crise complexe que nous vivons est fiscale d’abord. Nous démontrons ailleurs sur ce site que notre fiscalité étrangle plus particulièrement les changements qui nous sortiraient le plus vite du marasme. 
La suite sur http://www.comitebastille.org/p/les-objectifs-du-comite-bastille-en.html

André Teissier du Cros - Président fondateur du Comité Bastille


2 commentaires:

  1. Mon cher André. Je vois de plus en plus dans l’impôt le bras armé le plus puissant d'un état démocratique pour maintenir le cap entre Liberté et Égalité. La barque tangue ces temps-ci, bringuebalée par des vents qui sont devenus contraire – me semble-t-il – dans nos sociétés occidentales et occidentalisées.
    Liberté et Égalité sont pour moi les deux bras de Marianne, les deux piliers de notre démocratie à la française. Il est dit en effet que si les britanniques ont inventé la liberté politique, les français ont accouché de l’égalité. A une époque, ce couple était amoureux, et il a engendré. La laïcité fut sans doute un de leurs plus lumineux rejetons. Finalement, la société française adopta cette enfant, de longue lutte. Aujourd'hui le couple divorce et la garde alternée ne va pas de soi.
    Voilà quelques temps, expliquant – tentant de le faire tout au moins – aux élèves les différences entre la gauche et la droite, je pris alors le parti de présenter les deux blocs en ce sens : vers plus de liberté à droite, vers plus d'égalité à gauche… J'introduisis ensuite l'idée de société, c'est-à-dire du désir pour des femmes et des hommes de faire société, groupés autour de ses 2 vertus cardinales que sont liberté et égalité, harmonieusement et raisonnablement mises au service du plus grand nombre. De nos jours, cette société paraît s’être oubliée elle-même, s’octroyant des libertés et des avantages – écrans de fumée – prétendant pouvoir protéger contre les aléas de la financiarisation du monde. Oui, quand les inégalités fleurissent, le seul rempart - l'accumulation - est la règle, l'égalité une utopie. Le divorce est prononcé. L’État, tel un lointain juge, essaye de concilier ce qui peut encore l'être, mais les deux parties ne peuvent plus s'écouter, et les enfants du couple, seront ballottés au gré des volontés et des désirs antagonistes de l'un et de l'autre.
    Seul l’impôt peut rappeler à chacun ses devoirs et ramener la concorde et protéger les enfants. Lorsque des individus ne veulent plus faire corps, où lorsqu'on les pousse à le croire, c'est l'individu qui assassine le compatriote. Adieu le pain ! Or les deux entités ne peuvent vivre séparément, car – in fine – la République Française doit être gnostique qui proclame l'existence passée et je l'espère à venir, d'un troisième être, plus abouti, plus lumineux, le citoyen.

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  2. Merci Jean pour cet intéressant commentaire.

    Merci, Jean. Il me semble que nous sommes d'accord. Ce que nous proposons n'est pas une réduction de la fiscalité, c'est une fiscalité a la fois plus juste et incitative à l'entreprise, l'innovation, l'investisseur, à celui qui cherche à vivre dignement de son travail au lieu d#etre poussé à la triche et la corruption.

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