lundi 22 août 2016

Le Comité Bastille est-il à droite, à gauche, vert, ou nulle part ?

Depuis que nous contribuons aux travaux de recherche de plusieurs mouvements et partis politiques, et depuis que nous atteignons en Août 2016 une audience de 5 100 contacts (dont 2 700 par les réseaux sociaux) je constate que la question de notre orientation politique, comme celle de tout parti, mouvement, ou groupe de réflexion comme nous, revient plus souvent, et fait d'autant plus mal que les grands partis ont perdu beaucoup de leur crédibilité et font leurs examens de conscience en public. Il n'est que temps.
Les nouveaux partis veulent prouver qu'ils s'engagent à une intégrité toute citoyenne, démocratique, et participative, et débattent des formulations l'illustrant le mieux dans leurs déclarations de vocation et dans leurs statuts. Ils ont raison.
Le Front National a eu le vent en poupe et reste en tête des intentions de vote, mais a du pour cela protester de son adhésion à la République laïque, donc renier tous les mots d'ordre que son fondateur et toujours Président honoraire a conçu et défendu avec passion depuis 1972, mots d'ordre hérités des ennemis de la République, de la Laïcité, et du Droit du Sol; aussi des défenseurs de la Fille Aînée de l'Eglise, de l'Occident chrétien... 


Alors, comment situer le Comité Bastille sur l'éventail traditionnel ? 

  1. Si nous parlons d'abolir l’impôt sur le revenu et les droits de succession, nous sommes classés à droite.
  2. Si nous parlons d'une taxe sur le patrimoine (sur l'Actif Net des personnes physiques), nous sommes carrément classés à gauche.
  3. Si nous parlons de faire de la reconversion biocompatible de notre pays le grand axe du développement à très long terme, grâce à la garantie souveraine de la Banque Publique d'Investissements à des investissements à très long terme, nous sommes classés écolos radicaux par les uns, étatistes-colbertistes-mercantilistes par les autres.
  4. Si nous parlons de donner au Conseil Constitutionnel saisi par la Cour des Comptes un pouvoir de veto souverain imposant la discipline dans la préparation des budgets et la gestion des dépenses publiques, nous sommes classés comme suppôts de la Troïka (BCE, FMI, Commission Européenne).
  5. Mais si nous proposons de lancer un grand emprunt à très long terme pour financer cette reconversion, au niveau de 100 milliards par an, créant ainsi environ 3 millions d'emplois en dix ans, bien au contraire nous tournons le dos à la Troïka et à son austérité sans alternative. Et ceci sans sortir de l'EU ni de l'euro... Nous sommes classés carrément Verts très à gauche, Verts tomates (parce qu'ils virent au rouge quand ils mûrissent, disait le très conservateur Franz-Joseph Strauss...) et utopistes en plus.
  6. Si nous parlons de promouvoir une société rigoureusement laïque dans laquelle la Loi est strictement la même pour tous, nous sommes classés dans toutes les directions politiques et religieuses mais de toute façon très mal notés.
  7. Si nous voulons renforcer le Droit du Sol en affirmant que le droit à résidence est inaliénable quel que soit la nationalité de la personne, et qu'en cas de délit ou de crime elle doit être jugée comme un délinquant, un criminel mais pas en tant qu'étrangère, nous faisons penser à des universalistes passéistes genre Victor Hugo et Jean Jaurès, mais de toute façon à gauche.
  8. Personne ne pense, quand nous parlons de réformer le droit de l'entreprise, à une couleur politique précise. En fait, cette réforme fut le cheval de bataille des gaullistes de gauche dans les années 50 à 70, dont est quand même sorti la participation des salariés aux résultats de l'entreprise. Depuis tout le monde a oublié. Moi pas.
  9. Si nous parlons de discipline budgétaire et monétaire rigoureuse, nous sommes classés soit parmi les ordo-libéraux agitant la bannière germanique, soit parmi les néolibéraux radicaux brandissant le drapeau noir, frappé du sigle doré du dollar, des vieux libertariens objectivistes américains disciples d'Ayn Rand. Tout le monde a oublié que de Gaulle était à fond pour, conseillé par Jacques Rueff, lui-même de la même école ordo-libérale que Walter Eucken, Ludwig Erhardt, Wolfgang Schaüble ... et de leur élève Angela Merkel. 
  10. Si nous parlons de décourager le financement de l'entreprise par la bourse, et d'encourager l'économie circulaire, l'entreprise patrimoniale et la coopérative, nous sommes vus comme des dangereux socialistes archaïques, fouriéristes, peut-être trotskistes ou même pire, et en tout cas comme des antilibéraux.
Alors?
La question ne nous intéresse pas beaucoup. 
Je suis certain que l'age du découpage gauche-droite est périmé. 
Nous sommes du parti de la tolérance, de la raison, de la bonne volonté et de la bonne foi. Si cela vous intéresse, si vous voulez en savoir plus, rendez vous sur http://www.comitebastille.org/p/a.html

André Teissier du Cros

3 commentaires:

  1. Bonjour, Discipline budgétaire et monétaire et en même temps pas de financement des entreprises par la bourse me paraissent contradictoire pour ce qui concerne les idée. Les idéologues allemand de la politique financière cités ne sont que les valets du FMI favorisant des industries prédatrices vis à vis des populations, de l'environnement et responsables de l'accentuation du Changement Climatique assimilable à un de crime contre l'humanité. Ils ne peuvent en rien être un modèle pour réussir ce que vous considérez comme nécessaire" la reconversion biocompatible". Cordialement Georges

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  2. Vous soulevez une question qui pourrait être très intéressante, mais je ne suis pas sur de vous comprendre. Essayons!
    La discipline budgétaire est une notion distincte de la discipline monétaire encore que les deux soient liés. Nous proposons une Loi de discipline Budgétaire, point.
    Nous restons dans l'Euro donc laissons à la BCE le soin de la discipline monétaire.
    Nous n'excluons pas le financement des entreprises par la bourse. Nous combattons la financiarisation de la facon suivante: Une entreprise cotée en bourse qui veut avoir accès à la privatisation des services publics (eau, énergie, telecom...) et avoir accès aux entreprises financées par la BPI par des crédits et autres instruments à Très Long Terme (TLT, 30 à 100 ans) doit s'engager par un Pacte de Gouvernance à s'interdire la rémunération de ses dirigeants par stock-options, et le rachat de ses propres actions (buyback).
    Enfin, l'actionnaire d'une entreprise paye la Taxe sur l'Actif Net sur la base de l'Actif Net comptable de la dite entreprise si elle est privée, et sur la base de la valeur moyenne de l'action qu'il détient durant les 3 dernières années. Ce qui évidemment encourage l'entreprise privée.
    Je suis d'accord avec vous qu'on peut parler d'entreprises prédatrices de la manière que vous citez à propos de bon nombre de firmes transnationales cotées en bourse. Elles sont de toute nationalités: USA, Royaume Uni, Allemagne, France, Australie, etc. Certaines dispositions de la législation allemande, au contraire, tend à limiter cette liberté de financiariser l'économie. Un exemple: Le statut des Volksbanks.
    Ai-je bien répondu à vos questions?

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    1. J'oubliais! L'entreprise cotée en bourse doit aussi prévoir, dans son pacte de gouvernance, de s'interdire un écart de ses salaires dépassant un multiple de 20.

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