mardi 1 mars 2016

Cette fois, c'est l'Economist et Robert J. Gordon (interviewé par Le Monde) qui le disent: L'économie mondiale arrive dans l'impasse. L'Europe et la France y compris.

Mais que l'économie mondiale arrive dans une impasse, l'Europe et la France y compris, nous le disons en France depuis longtemps, nous ne sommes pas les seuls, et ceux qui le disent déjà ne sont pas d'accord entre eux. Tandis que Gordon et l'Economist ne le sont pas non plus. Bigre!
Voyons ce sur quoi tous sont d'accord, nous compris.
Sur la couverture de l'Economist du 20/2, le canon-télescope à relancer l'économie 
est à bout de souffle. Le nom de son fabricant est Keynes Industries, Inc., 

façon de dire que les recettes de John Maynard Keynes ne fonctionnent plus du tout. 

Ce qui est vrai mais injuste pour Keynes. Son fantôme n'est surement pas d'accord 

quant à la façon dont nos gouvernants gèrent notre économie depuis au moins dix ans.

Les solutions classiques et éprouvées pour relancer l'économie ne marchent plus. Vrai.
La relance de l'économie par l'augmentation de la masse monétaire (pour les Nuls, sachez que quand votre banque vous accorde un crédit, elle crée de la masse monétaire...) ne déclenche pas d'inflation et ne relance plus grand chose. Vrai.
Par contre cette relance augmente la colossale dette mondiale, nous en avons parlé en Mai dernier, voir http://www.comitebastille.org/2015/05/leditorial-de-leconomist-de-londres-sur.html#more. et d'autant plus, insistait-on, que les intérêts des dettes sont de plus en plus déductibles de l’Impôt sur le Revenu. Comme nous proposons d'abolir celui-ci, cette incitation disparaîtrait, mais ce n'est pas le principal. Encore vrai.
A partir de là, l'Economist se perd. Il propose ensuite de coordonner au niveau européen et aussi mondial les politiques monétaires, budgétaires et fiscales, ce qui est salutaire, mais ne peut que marginalement relancer la consommation, donc la croissance du PIB, donc la consommation d'énergie et de ressources naturelles... toutes solutions qui, si elles marchaient, retarderaient un peu l'impasse où nous sommes; et qui sont limitées par ce que Jean-Marc Jancovici analyse depuis longtemps: La croissance du PIB par la croissance de la production d'énergie a atteint sa limite. voir par exemple http://www.manicore.com/documentation/transition_energie.html 
Donc Faux. Mais l'Economist nous avertit que ce manque de coordination finira par aggraver l'austérité, et pire. Ce qui est vrai, notamment pour la Zone Euro.
Robert Gordon, lui, va beaucoup plus loin dans d'autres directions:


La croissance, dit-il, que l’Amérique comme l'Europe ont connu de 1870 à 1970 fut en fait un accident. Auparavant, elle était très faible. En fait on ne la mesurait pas et on n'en parlait pas. Et depuis trois ou quatre décennies elle redevient très faible. Cet accident qui a duré un petit siècle correspond à une période d'innovation qui bouleversa entièrement tous les aspects de nos modes de vie. Internet, une très grande innovation, n'a pas du tout l'impact qu'ont pu avoir l'électricité pour tous, le chemin de fer puis l'automobile, le téléphone et tout l'électroménager... Ce fut un bien - une femme qui n'a plus à battre le linge, un ouvrier qui ne dépend plus de sa force physique et de sa pioche pour creuser un tunnel, l'ont vécu - mais au prix d'une formidable explosion de consommation d’énergie et de ressources naturelles vivantes ou inertes. Nous commençons à en payer les conséquences. Vrai.
C'est la fin du rêve américain, et européen aussi: Le père d'un jeune qui débute ne peut plus escompter que son fils vivra mieux que lui en termes de pouvoir d'achat, sécurité, santé... Vrai.
Une conséquence dramatique: L’espérance de vie, qui en France a progressé de 25 ans en 1750 a 81,5 ans aujourd'hui, a pour la première fois commencé a reculer un tout petit peu. Et l'accroissement des dépenses de santé, d’énergie et d'alimentation vont réduire notre qualité de vie, sauf si on invente un mode de vie nouveau dans un modèle économique nouveau. Vrai.
C'est ce que nous proposerons pendant notre Colloque du 16 Mars. Taxer le patrimoine et non plus le revenu; du coup, rendre obsolètes les paradis fiscaux et possible le financement d'un Revenu d'Existence; rendre possible le financement des investissements à très long terme permettant la reconversion biocompatible de notre économie dans le contexte du changement climatique; adopter les retraites à comptes notionnels permettant de personnaliser notre forme de retraite sans mettre la Sécu en déficit croissant; taxer l’énergie à la source pour encourager une économie consommant plus d'information et non pas plus d’énergie... rendez vous le 16 Mars pour la journée, a la Cité Internationale Universitaire, voyez les détails à lessolutionsexistentpoursortirdelacrise.frhttp://lessolutionsexistentpoursortirdelacrise.fr  

André Teissier du Cros et le Bureau du Comité Bastille.




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