mardi 24 mars 2015

Le projet Taxe sur l'Actif Net entre deux tours des départementales.

Je suis pour ma part assez satisfait de la direction qui se dessine, pour notre pays comme pour nos propositions de réforme fiscale, entre les deux tours de ces passionnantes élections départementales. 
Car cette direction est affectée en ce moment même par les décisions du groupe Euro face à la crise grecque. 
Et ceci tandis que l'Europe, les Etats Unis, l'Afrique et le grand Moyen Orient prennent conscience que nous sommes engagés dans une guerre contre le Fascisme islamique qui sort désormais complètement du cadre régional.
Rappelons-le: Pour que les réformes proposées par le Comité Bastille puissent être adoptées, il faut maintenir la République laïque, créer des emplois grâce à l'investissement à très long terme dans la reconversion biocompatible et la transition énergétique, qu'il faut financer par l'appel massif à l'épargne, attirée par une fiscalité sans impôt sur le revenu mais qui taxe l'actif net (TAN) de la seule personne physique pour encourager la mise en valeur de cet actif, laquelle est elle même déjà créatrice d'emplois locaux. Cette TAN sera progressive, défavorisera nettement la société cotée en bourse au profit de la firme privée, de l'auto-entrepreneur, de la coopérative, et de la firme innovante. 
Mais pour que ce modèle de relance soit acceptable pour Bruxelles il faut imposer la discipline budgétaire du pays par une loi dont l'application soit imposée par un veto souverain du Conseil Constitutionnel saisi par la Cour des Comptes. 
L'abolition de tout impôt sur le revenu favorisera l'enrichissement des patrimoines modestes mais la TAN progressive tendra à limiter le trop grand écart de richesse. 
Enfin on rétablira une réglementation stricte de la banque et des marchés financiers. 
Ce programme devrait normalement nous pousser politiquement plutôt vers les Verts, plutôt au centre-gauche, et loin du néo-libéralisme financiarisé.
Allons-nous dans cette direction?
Les tendances fortes qui me semblent se dessiner entre les lignes des analyses de ces élections et dans les événements mondiaux actuels sont:
Les grands partis formant traditionnellement la gauche, la droite et les verts sont eux-mêmes trop divisés pour proposer une vision claire de l'avenir qu'ils proposent aux électeurs.
Les deux grands partis ne sont plus crédibles, mais ne se sont pas effondrés. EELV divisé comme toujours s'était déjà effondré bien avant, donc sa performance médiocre pendant cette campagne ne crée pas de surprise. Ainsi chacun se dit satisfait d'avoir maintenu tant bien que mal son audience relative.
Le Front National n'a pas réussi à s'imposer comme premier parti de France comme on s'y attendait trop souvent, bien au contraire. Il n'a pas non plus réussi à écraser la gauche, qui a surtout souffert de ses propres divisions. Heureusement, car il serait le plus réfractaire à notre projet de réforme.
C'est en s'alliant avec l'UDI,  donc avec le centre, que l'UMP ressort au premier rang dans ce premier tour: Ce n'est pas en jouant les me too face au FN.
Les nouveaux partis qui foisonnent en France depuis quelques années témoignent de ce que les Français veulent un renouveau de la vie politique, dans lequel les citoyens et la société civile reprendraient l'initiative face aux politiciens professionnels à plein temps. Tous ces partis n'ont pas les moyens de présenter des listes à l'échelle nationale. Parmi eux, ceux qui soutiennent clairement la République laïque, l'Europe, l'Euro, et la transition énergétique, tels que Nous Citoyens, Nouvelle Donne, LRC-CAP21, ont réalisé une percée la ou ils étaient présents. 
Pendant ce temps:
Tandis que l'INSEE annonce que la création d'entreprises a repris (+1,5% en Février, +0,4% sur 12 mois), Challenges publie un sondage: 53% des Français de 15 à 20 ans souhaitent devenir patrons, dont 47% qui veulent créer leur start-up. Les jeunes ont donc compris mieux que leurs parents et que leurs élus que le salariat à plein temps de grand-papa n'a plus d’avenir, et disparaîtra pendant ce siècle comme l'esclavage l'a (presque) fait il y a presque deux siècles. Bravo! Ils comprendront encore plus vite sans impôts sur le revenu et avec des marchés de nouveau porteurs.
Angela Merkel et Alexis Tsipras, ayant laissé au vestiaire les stéréotypes et allusions historiques assassines, ont causé face à face. Oui, la Grèce paiera ses dettes, avec de petits aménagements. Non, ce n'est pas le moment de resserrer l’austérité, on a tous besoin d'une reprise, même l'Allemagne, et avec la guerre qui s'étend et va coûter à toute l'Europe, à commencer par l'Allemagne, la mode va être à imiter Franklin Roosevelt beaucoup plus que Calvin Coolidge. (La Luftwaffe a 48 Eurofighters. Moins de 10 sont opérationnels, manque de pièces détachées, trop de mécanos sont partis à la retraite, austérité quand tu nous tiens...) Oui, la Grèce va accélérer ses réformes nécessaires. Mais la France et l'Italie aussi, dame!
Alors, ou trouvera t'on les sous pour tout cela, pendant que Daech nous envoie une foule croissante de populations massacrées ou déplacées de force, dont un nombre appréciable de Chrétiens; que la Tunisie nouvellement républicaine et laïque a besoin de soutien; et que plusieurs pays du Moyen Orient modéré doutent de notre volonté et de notre capacité à entretenir une vision de l'avenir?
Si nous engageons en France la mobilisation de cent milliards par an d'épargne pendant dix ans pour construire le monde nouveau de la transition verte dans le contexte du Projet TAN, il y aura trois millions d'emplois directement créés en France. 
Si l'UE nous suit (un à un, sauf l'Allemagne qui a déjà commencé), il y en aura trente.

Maintenons le cap.

Opinion personnelle d'André Teissier du Cros

1 commentaire:

  1. Philippe Petot, co-fondateur, nous écrit:

    Il serait facile de plaisanter en disant que , traditionnellement, la gauche une fois élue fait une politique de droite, et vice versa. Que donc il vaudrait mieux élire la droite… Pour moi, la TAN et les réformes qui en découlent logiquement comme celles que tu résumes ici représentent de tels bouleversement qu’il ne sera possible de les mettre en œuvre que dans le cadre d’un ( bref ) consensus national - ou d’une quasi dictature !

    Ma réponse: ... ou bien si le gouvernement fait face au risque de cessation de paiements. Maurice Lauré, père de la TVA, m'avait dit que c'était le cas, qui l'a rendu nécessaire.

    L'histoire vaut d’être racontée.:

    En 1948, la France, après les privations de l'après guerre, va recevoir le Plan Marshall. Celui-ci va se traduire par une formidable relance de l'économie (plus forte que ce que nous envisageons avec le Projet TAN.) Cette relance va se traduire par une forte augmentation du pouvoir d'achats mais aussi des couts (inflation: Le dollar à 100 anciens Francs en 44 va arriver vite à 500 Frs en 54). S'y ajoutent les dépenses incontournables de la reconstruction (12000 ponts détruits par exemple) et du grand programme énergétique (commençant par l'hydro-électrique.) Donc les dépenses de l'Etat bondissent... mais bien entendu pas les recettes. En 52-53 on frise la faillite (C'est le moment ou l'Allemagne pour les mêmes raisons du demander un moratoire pour sa dette.) La TVA remplaçant les taxes locales et sur les CA a l'énorme avantage que les recettes sont immédiates. C'est par nécessité que cette reformee bien plus complexe et couteuse que la TAN fut adoptée.

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