mercredi 22 octobre 2014

Trente ans pour changer le monde… en commençant chez nous.


Oublions pour un instant la politique quotidienne au ras des pâquerettes, et prenons de la hauteur pour voir pourquoi notre avenir pas tellement éloigné s’obscurcit.

Regardez le premier de ces graphiques. 

 

Il vous montre comment le taux mondial de fertilité (nombre d’enfants par femme) a évolué depuis 1950. On pouvait alors compter sur notre planète 4,9 enfants par femme, tous pays confondus.

Aujourd’hui (2010-2015) il est de 2,4 enfants par femme (dont à peu près 2 en France.)

En 2050, il sera de 2 dans le monde. Ce qui veut dire que beaucoup plus de pays feront comme aujourd’hui l’Italie, l’Allemagne, la Chine, le Japon, la Pologne ou la Russie : leurs femmes auront moins de deux enfants, et souvent beaucoup, beaucoup moins.

Mais croyez vous qu’il se stabilisera alors à ce chiffre de deux ? Pas du tout !

Les mêmes facteurs qui font constamment baisser la fertilité (niveau de vie, éducation, émancipation des femmes…) continueront à agir en s’aggravant. Car alors le monde sera comme…

… sera comme une Allemagne qui ne fait pas assez d’enfants, mais le monde ne pourra pas surcompenser cette trop faible natalité en important 400 000 immigrants comme elle le fait chaque année : Il faudrait aller les chercher sur Mars, et nous savons depuis longtemps qu’il n’y a personne là-bas.

Mais alors, direz-vous, ou donc est la démographie galopante dont se gargarisent les medias, politiciens et économistes ?

Maintenant voyez le deuxième graphique. 

 

Il vous montre la conséquence du formidable accroissement de l’espérance de vie, de 47 ans en 1950 à 68 ans en 2005. Vous y voyez que le plus fort accroissement de population mondiale eut lieu pendant les années 1975-85. Depuis, cet accroissement chute de plus en plus vite, et tombera à zéro vers 2065, alors que la population mondiale plafonnera vers 10 à 12 milliards (le chiffre exact importe peu).

Au delà, la Terre portera de plus en plus de seniors et de moins en moins de jeunes, et la population globale se mettra à diminuer. Quoi que vous croyez de la façon dont nous gérerons alors le changement climatique (lequel continuera…), la rareté en eau potable (sauf si vous pouvez en payer le prix…), la disparition d’écosystèmes qui n’est plus compensée par le renouvellement des espèces (à part le produit de mutations d’insectes, de bactéries résistant aux antibiotiques, de virus plus performants que celui d’Ebola…), il me semble évident qu’il sera beaucoup plus difficile de rattraper les investissements toujours à très long terme qui n’auront pas été faits pour nous préparer à cette mutation. Ceux grâce auxquels, donc, nous aurions su échapper à cette formidable échéance… Et qui auraient du commencer il y a déjà quelques décennies, mais il est trop tard pour se lamenter.

Conclusion : Pour renverser la tendance, il nous faut avoir changé de modèle économique vers 2050. Je dis bien « avoir changé ».

Ce changement, nous avons donc à peu près jusqu’à 2045 pour avoir mis en place toutes les décisions, en France, en Europe, et dans le monde, grâce auxquelles on aura échappé au pire.

Comment ?

En ce moment, les décisions d’investissement qui « payent » sont celles dont les effets sont criminels : Dilapidation des actifs à long terme des entreprises, des savoir-faire et métiers, du sol et des ressources naturelles. Cette dilapidation est un crime, rendu possible par la financiarisation de notre économie.

Et le crime paye.

Mais l’investissement dans une reforestation, une nouvelle source d’énergie, une agriculture respectant a la fois les écosystèmes et notre santé, ou un procédé de construction de l’habitat produisant l’énergie dont il a besoin, dont les effets, profonds, durables, et solidement rentables mais à très long terme, cet investissement ne paye pas.

Pour renverser l’ordre, il faut cesser de taxer les revenus de toutes sortes (des entreprises comme des particuliers) qui sont engendrés par ces investissements à très long terme longtemps avant que l’investissement ait prouvé sa rentabilité trente à cent ans plus tard.

Pour renverser l’ordre, il faut taxer les patrimoines des seules personnes physiques, ou que soit ce patrimoine, et quelle que soit la manière dont il a été créé, au lieu de taxer les revenus, à commencer par les revenus des entreprises (Impôt sur les Sociétés.).



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