jeudi 4 septembre 2014

1 500 Watts + 500 milliards de tonnes + €400 milliards d’épargne qui dorment + 3,5 millions d’individus + 2 Mistrals + 1 force de frappe + 1 Etat islamique – 1/3 d’Ukraine – 1 TAN = 1914…


…ou 1 inventaire explosif genre Prévert.
1 500 Watts : C’est la puissance maximale d’un aspirateur vendu dans l’UE désormais, a décidé Bruxelles ce mois-ci.
500 milliards de tonnes, c’est la quantité annuelle de glace de l’Antarctique qui fond dans la mer.
3,5 millions d’individus, c’est le nombre officiel des chômeurs en France.
€400 milliards, c’est l’épargne des Français, liquide ou quasi-liquide, qui dort.
2 Mistrals, c’est le nombre de navires porte-hélicoptères commandé par la Russie à la France dont la commande est suspendue.
1 Force de frappe, c’est l’arme nucléaire de la France, la seule du monde libre qui pourrait frapper sans même informer les États Unis, qui coute environ 4 milliards de maintien par an, plus l’amortissement de ce qu’elle a couté depuis l’origine. 4 milliards, c’est un peu moins que ce que rapporte l’ISF.



1 État islamique, c’est le nom que s’est donnée une horde puissamment armée et munie d’un trésor de guerre impressionnant, une entité qui n’est ni un État, ni islamique, ni une armée régulière, qui a engagé une attaque contre tout opposant qui refuse de trembler devant elle en commençant par le Monde Arabe, qui se sert de vidéos sur Internet pour se vanter devant le monde entier de ce qu’elle n’hésite pas à commettre les plus répugnants crimes contre l’humanité, en défiant toutes les lois et conventions internationales ; ceci en soutenant une soi-disant loi coranique qu’ils prétendent être seuls à connaitre, si bien que cette horde n’hésite pas à détruire des monuments historiques musulmans... Une horde prête à menacer Américains, Européens, Russes, Syriens, Irakiens, Kurdes, Iraniens et autres Israéliens.
1/3 d’Ukraine, c’est à peu près ce qui va être annexé par la Russie, après une intervention militaire officieuse, ou les forces armées russes et ukrainiennes dissidentes ont apparemment forcé le gouvernement légal à accepter un cessez-le-feu. Le contexte en est très complexe : L’Ukraine, pendant sa courte indépendance, n’a jamais réussi à former un gouvernement stable, dont la légitimité ne soit pas contestée. La France, l’Allemagne et la Pologne, approuvées par l’Amérique, ont joué un rôle dangereux en encourageant ce gouvernement à entamer une procédure qui semblait préparer son entrée dans l’UE, alors que l’Ukraine était particulièrement loin d’être qualifiée. Vladimir Poutine est un Chef d’Etat aussi efficace et compétent que charismatique, très populaire dans son pays et ailleurs. Il se sait populaire parce qu’il a su, lui, protéger les Russes de la contamination occidentale grâce à son autorité inflexible. Il est sincèrement convaincu que la chute de l’URSS fut la grande catastrophe du XXe siècle, que l’ère stalinienne fut son âge d’or, que la démocratie n’a aucun avenir en tout cas chez lui, et qu’il existe un monde occidental plus ou moins uni dans sa volonté d’encercler et d’abaisser la Sainte Russie et, en passant, de renier tout idéal chrétien. Et il le dit ! Il faut dire que nous lui avons en effet, depuis 1989, donné bien des arguments pour justifier ses soupçons.
Une TAN en moins, c’est la Taxe sur l’Actif Net qui nous manque pour commencer enfin à résorber notre chômage, à rétablir notre crédibilité, à engager notre redressement économique par l’investissement à très long terme ; ce qui permettrait de restaurer la vision guidant notre politique étrangère qui cesserait d’être paralysée par des contraintes expédientes : Continuer à dépendre du gaz russe ; avoir désespérément besoin de vendre nos Mistral et Rafale tous azimuts ; retarder encore tout investissement; mégoter sur le budget de notre défense; etc.
Et 1914, ce fut un scénario cataclysmique que nous abordions comme des somnambules. Ce genre de scénario, tels que nous (France, mais aussi UE, USA et les autres) sommes partis, pourrait bien se répéter. Mais à une différence près : en 1914 nous n’avions pas de dettes, ni de déficits, et l’impôt sur le revenu, venant tout juste d’être instauré, ne nous avait pas encore poussé à sacrifier l’avenir, à spéculer sous quelques nanosecondes, et à virer nos flux financiers vers des paradis fiscaux. Lesquels, d’ailleurs, n’existaient pas encore.
Cependant soyons concrets : Ai-je en attendant une proposition concrète et pragmatique à faire maintenant ? Oui…
Nous proposons une conférence entre chefs d’Etat et ministres de la défense de l’Union Européenne. Sujet : les menaces extérieures compromettant notre sécurité. Un sujet d’une actualité brulante.
Nous leur rappelons en quoi consiste notre originalité qui est notre force de frappe, et leur démontrons qu’elle est bel et bien opérationnelle.
Nous leur demandons si l’UE a besoin ou pas, aujourd’hui et dans les trois décennies qui viennent,  d’une dissuasion nucléaire.
Nous leur disons que la France est prête a étendre son sanctuaire nucléaire à tous les 28 pays de l’Union, si tel est le souhait des membres, en les faisant participer à son opération, en leur demandant dans ce cas de supporter leur quote-part de son cout plus une redevance amortissant les investissements qu’a représenté cette arme pour nous. Nous disons que si l’opinion générale est que l’UE n’a pas besoin d’une défense nucléaire, la France envisagera de la liquider (ou de l’exporter ?) économisant ainsi 4 milliards par an, ce que ces membres ne pourraient qu’approuver : Austérité exige !
On peut s’attendre, comme nos 28 chefs d’Etat et Ministres de la Défense plus l’Etat major de l’Union ne sont quand même pas des plaisantins, à ce qu’ils ne soient pas d’accord.
Certains refuseront net un tel débat. On continuera avec ceux qui restent en tenant les autres au courant.  
Ceux qui restent diront alors qu’ils refusent ce choix… sauf discussion préalable portant sur un sujet plus vaste qui conditionne toute politique de défense:
Quel avenir proposons-nous aux 500 millions de citoyens de l’UE, à leurs enfants et petits enfants, et aussi aux futurs membres de cette Union car il y en aura ? Quel avenir, s’entend, qui vaudrait la peine d’être vécu et d’être défendu ?
Quels objectifs à trente ans à définir, cohérents avec cet avenir ? Quelle politique de l’énergie ? De l’éducation ? De sauvegarde des écosystèmes ? Quelle politique de la défense ? Et pour trouver les ressources pour tout cela, quel modèle économique ? Et notamment quelle politique fiscale, pour mobiliser l’épargne qui dort et les sans-emplois ?
Cet avenir étant posé (en vingt pages maximum s’il vous plait, pas en deux cent cinquante comme la défunte Constitution…) quel langage peut tenir l’Union Européenne d’une seule voix, avec quels moyens qui rendraient ce langage crédible, envers chaque nation de ce Moyen Orient si explosif, Israël et Iran compris ; envers la Russie, l’Amérique, la Chine, l’Afrique… le Brésil… et… peut-être le Royaume Uni ?
Alors nous pourrions tenir un référendum européen.  
Je crois que la participation y serait assez large.
Opinion personnelle d'André Teissier du Cros

Remarque: Trois participants me demandent pourquoi je ne dis pas un mot de l'OTAN. C'est intentionnel. Le Traité de l'Atlantique Nord date de 1949, quand seul les États Unis disposaient de l'arme nucléaire. Il garantit à tous ses membres que toute agression armée contre l'un d'eux sera considérée comme une attaque contre tous. Comme l'ennemi désigné était l'URSS, le traité garantissait en pratique que les États Unis se considéreraient comme en guerre contre l'URSS si celle-ci agressait n'importe quel membre européen de l'OTAN. Ce que je propose, qui étendrait officiellement et contractuellement la garantie de l'arme nucléaire française aux membres de l'UE qui le désirent, ne contredirait en rien le traité de 1949, au contraire. Mais en plus il signifierait qu'il existe une alternative souveraine au parapluie nucléaire des États Unis, et que chaque membre signataire aurait désormais le droit d'intervenir dans la gestion et le mode opératoire de cette arme-là, devenant authentiquement une force de dissuasion de l'Union Européenne. 

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