jeudi 14 août 2014

Nous ne sommes pas dans l’abime, mais certainement dans l’impasse.



Le Monde du 14 Aout contient plusieurs articles à lire absolument :
Page 9 : Interview par Marie Charrel de Jens Weidmann, Président de la Bundesbank. Il dit que Paris doit cesser de faire des remontrances à Berlin et se concentrer sur ses propres réformes structurelles pour réduire le chômage, et relancer l’activité économique par l’investissement plutôt que par la consommation. C’est ce que nous disons. Ne pas dramatiser avec des mots d’ordre catastrophistes du genre Homme Malade de l’Europe ou danger d’effondrement déflationniste, mais accélérer les réformes déjà engagées. Notamment la mise en place des TLTRO (Opérations de refinancement à très long terme dans des activités ciblées) qui ressemblent étrangement au niveau européen à ce que nous proposons pour la France : Lancement par la BPI d’un grand appel à l’épargne pour investir dans la reconversion biocompatible. Parachever l’union bancaire en n’hésitant pas à abandonner à la faillite les banques aux bilans « toxiques » telles que la Banco Espirito Santo du Portugal. Cesser de se plaindre de l’Euro fort, qui permet aux entreprises d’emprunter aux taux les plus bas. Nous disons oui, mais on peut faire mieux…
 Meme page : Henrik Uterwedde, Directeur adjoint de l’Institut Franco-Allemand de Ludwigsburg, rappelle le dialogue de sourds vieux de cinquante ans entre les deux pays,
...encore, dit-il, que les divergences s’atténuent. L’Allemagne insiste sur la compétitivité des entreprises : réduire la charge fiscale qu’elles supportent, mais aussi investir à long terme plutôt que de réduire les seuls couts salariaux. Ainsi l’Allemagne en ce moment augmente les salaires, ce qui est possible maintenant que le chômage a baissé. La France insiste sur la relance keynésienne : S’endetter par l’augmentation des dépenses publiques qui relancent la consommation donc l’emploi. Lui propose que les deux pays relancent l’activité ensemble par l’investissement privé grâce à des incitations fiscales dont d’abord la baisse de l’Impôt sur les Sociétés : C’est exactement ce que nous proposons en plus grand, avec appel de la BPI à l’épargne privée pour financer directement (obligations, actions privilégiées) cent milliards par an d’investissements à très long terme dans la reconversion biocompatible et la transition énergétique, le tout incité par l’abolition progressive de l’Impôt sur le Revenu, Impôt sur les Sociétés pour commencer, et la montée d’une Taxe sur l’Actif Net des personnes physiques.
Page 16 : Jean-Marc Daniel Professeur d’économie à  l’ESCP Europe rejoint Jens Weidmann en expliquant qu’il n’y a pas de risque de déflation en Europe. Il démontre que la grande cause de déflation apparente est que les crédits bancaires aux entreprises européennes du Sud ont diminué de 3% en 2013. Or c’est certainement le contraire dont elles ont besoin. En France, ces crédits ont augmenté de 5%, mais nos entreprises ne peuvent pas en profiter assez parce qu’elles sont, dit-il, assommées par la fiscalité, déboussolées par une politique économique en remise en cause permanente, et elles hésitent à s’engager dans de nouveaux projets.
Meme page : Bruno Colmant, Membre de l’Académie Royale de Belgique, va encore plus dans notre sens : Il propose carrément de créer un choc d’inflation. Bravo ! Il remarque avec raison que la crise depuis 2008 a été amplifiée par les dépenses de retraite et de santé résultant fatalement de l’augmentation de l’espérance de vie : Nous vivons plus vieux, et tant mieux, mais nous ne prenons pas pour autant nos retraites plus tard… ce qui est tant mieux aussi puisqu’il y a déjà assez de chômage comme cela ! Notre long terme va être de plus en plus étranglé par la hausse des taux d’intérêt autres qu’à court terme, qui suivra l’amélioration modérée mais certaine de l’économie mondiale. Raison de plus, disons nous, pour que la BPI court-circuite les banques pour financer à très bas taux (0,75% à 2%) et très long terme (30 à 100 ans) la reconversion biocompatible des entreprises et des particuliers. Ces derniers seront eux-mêmes encouragés par l’abolition progressive des Impôts sur le Revenus et des autres impôts sur le capital : Taxe Foncière et Droits de Succession, et incités par la nouvelle Taxe sur l’Actif Net à mieux faire travailler leurs actifs et leur épargne...
Alors ? Quand commence-t-on ?
Opinion personnelle d’André Teissier du Cros.

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