dimanche 25 mai 2014

L’erreur et l’oubli de tous les ennemis de l’Euro, de droite comme de gauche.



Il n’y aurait jamais eu de soi-disant crise de l’Euro si certains pays, dont la France, n’avaient pas pris l’habitude (pour la France depuis 1975 environ) de financer un soutien artificiel de leur économie par un accroissement régulier de leur pression fiscale, de leur déficit budgétaire, et de leur dette. Et cela n’a rien à voir avec la création d’une monnaie commune. Les États-Unis, dont le dollar est une monnaie commune ancienne, ont eu les mêmes mauvaises habitudes, et jamais le Wisconsin ou le Massachussetts n’ont parlé de sortir du dollar.

Entre 1815 et 1914, toute la grande Europe, y compris l’Empire britannique, l’Empire français, et les États Unis, ont vécu sous le joug d’un super-euro qui s’appelait l’Étalon-Or. L’Once d’or (31g) valait 4 Livres sterling, 20 dollars US, 80 Reichsmarks et 100 Francs, et toutes ces parités étaient fixes. Ces chiffres étaient tellement stables que Jules Verne les citait dans ses romans. Et on se plaignait de l’Étalon-Or, ce « carcan », parce qu’il imposait à tous une discipline budgétaire. Parce que la masse monétaire ne pouvait grandir qu’à coup d’extractions nouvelles du métal, la déflation (baisse des prix nominaux) était la tendance générale : La même Once d’or voyait son pouvoir d’achat augmenter naturellement du fait de la baisse régulière des couts de production. C’était loin d’être parfait. Mais ce monde savait investir à très long terme, n’étant pas étouffé par le futur carcan de l’Impôt sur le Revenu. Et entre 1914 et la création du Système Monétaire Européen, en Mars 1979, le désordre monétaire a été tel (sans parler de cent millions de morts) qu’on voit mal comment on pourrait regretter l’époque ou les Français attendaient avec fatalisme la prochaine dévaluation. Présenter, à droite comme à gauche, un retour à ce système comme un retour à un Age d’Or qui n’a jamais existé, c’est pratiquer un populisme sordide en pariant sur l’oubli général. Car il faut de la mémoire pour détecter les mensonges.
J’espère, comme Alain Frachon (Le Monde), Jacques Julliard (Marianne), et plusieurs politiciens intègres et clairvoyants, que mes compatriotes se réveilleront aujourd’hui au dernier moment, et enverront à Strasbourg plus de députés qui croient d’abord à l’Europe, donc qui veulent finir la construction d’une Europe politique, en revenant au bon cap, celui qui avait été fixé avant 1980. 

Opinion personnelle d’André Teissier du Cros

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