samedi 19 octobre 2013

Sanctuariser l’école? Mais mais mais quelle excellente idée!

La lamentable affaire Leonarda , une jeune fille de 15 ans fille de parents immigrants en situation irrégulière mais scolarisée avec succès, étant cependant cueillie par la police des frontières alors qu’elle était en sortie avec toute sa classe de lycée, pour être renvoyée manu militari avec sa famille dans leur incertain pays d’origine, pays dont l’identité n’est même pas claire, donc parfaitement innocente condamnée à payer pour les autres comme tant d’enfants d’immigrants parce qu’elle était en danger d’intégration réussie, a eu comme effet de faire monter à la surface une excellente suggestion :
Si l’école était sanctuarisée, ce ne serait pas arrivé si brutalement, et Manuel Walls, Ministre de l’Intérieur (et autre fils d’immigrant), aurait eu tout le temps d’arrêter le coup.
Sous cette suggestion se cache une vérité première que même les socialistes ont tendance à oublier : En France, la fabrique des Français, c’est l’école, c’est l’enseignement, c’est l’Éducation Nationale et tout ce qui en dépend. L’intégration qui compte, c’est celle des enfants d’immigrants, pas celle des parents eux-mêmes. Les parents immigrants peuvent être des irréguliers, des tricheurs (quel immigrant n’a pas plus ou moins triché dans ses papiers d’origine ?) des délinquants, parfois des repris de justice. Mais c’est de leurs enfants qu’il s’agit, et ceux-là sont nés en France, ils sont innocents, ils sont victimes, et c’est eux dont on attend l’intégration grâce à l’école. Eux et leur descendance.
Donc ce sont les profs de tous niveaux et disciplines et les cadres des lycées et écoles qui sont les premiers compétents pour juger si un enfant, dont ils s’occupent tous les jours, qu’ils voient non seulement étudier mais aussi vivre dans la société élémentaire qu’est la classe et la cour de recréation. C’est d’eux qu’on attend l’opinion et les évaluations qui permettent de dire si cet enfant est en train de devenir un futur Français, peut-être devenir un futur Manuel Walls, une future Rachida Dati ou Chadortt Djavann, et doit donc, au nom de ses droits individuels qui la mettent hors d’atteinte d’un pouvoir républicain, rester scolarisé(e) chez nous.
Bien sur il n’est pas question d’imaginer que l’Éducation Nationale deviendrait un contre-pouvoir souverain. Mais il est légitime que les enseignants aient un droit de regard dans le cadre d’un droit d’asile provisoire, asile parfois pour une famille pendant deux ou trois semaines, le temps que Manuel Walls ait le temps de rentrer des Antilles (ou sa présence était en effet urgente) et d’éviter que la gaffe ne prenne des dimensions politiques incontrôlables.
J’ai vécu Mai 68. Je me souviens bien que tout a explosé quand la police a eu l’autorisation d’entrer à la Sorbonne. Le sanctuaire aurait existé, que la France aurait évité de faire les titres des journaux internationaux parce qu’elle avait l’air de relancer une Révolution complète avec sa Prise de la Bastille.
Bien entendu on me répondra: C'est bien joli, mais c'est un fait que l'immigration incontrôlée pose un problème sérieux en France. Je réponds non. C'est le chômage qui en fait un problème. Si on manquait de bras, les immigrants seraient tous les bienvenus. Et pour en finir avec le chômage, voyez le Projet TAN de réforme fiscale...