lundi 14 octobre 2013

Mieux vaut tard que jamais! L'UMP, à son tour, nous rejoint sur 30% de notre projet...


Nous empruntons aux Echos cette proposition de Franck Allisio, secrétaire national de l'UMP, que je reproduis tel quel, mais avec commentaires:

Supprimons l'impôt sur le revenu !
Les Echos | 14/10 | 06:00

Salariés ou entrepreneurs, professions libérales ou commerçants, célibataires ou jeunes familles, nous formons les gros bataillons de la classe moyenne qui chaque jour rejoignent les rangs de plus en plus serrés des révoltés fiscaux. C’est exact.
Le niveau alarmant de nos prélèvements obligatoires doit nous permettre d'oser ce que nous n'avons jamais osé : sortir de la crise en faisant confiance aux Français. La France n'a pas besoin d'une (fausse) « pause » mais d'une véritable rupture fiscale. Tout à fait d’accord !
Ne serait-ce que pour revenir dans la moyenne des pays de la zone euro en termes de prélèvements obligatoires, il faudrait...

il faudrait rendre plus de 100 milliards aux Français par la baisse des impôts. Mais, pour être efficace, celle-ci doit être conçue à rebours de ce que nous avons toujours fait : concentrée et non saupoudrée, chirurgicale et non homéopathique, ciblant les ménages afin d'impacter le plus grand nombre. Cet électrochoc, qui donnera un cap refondateur à la politique économique et sociale de notre pays, c'est l'abolition de l'impôt sur le revenu ! Epargner les ménages, c’est bien. Mais pourquoi pas les entreprises ? Veut-on relancer la consommation, ou recréer des emplois ?
Supprimer l'impôt sur le revenu, c'est réinjecter 70 milliards d'euros dans notre économie, c'est 200 euros par mois de gain de pouvoir d'achat pour le « Français moyen » dont la propension à consommer et à investir est maximum, c'est 1.500 euros de plus en fin d'année pour l'institutrice ou le salarié, c'est-à-dire le meilleur plan de relance qui puisse être mis en œuvre. Ce n'est plus l'heure supplémentaire mais tout simplement l'heure travaillée qui est « défiscalisée ». C'est aussi une libération de nos artisans, commerçants, agriculteurs, patrons de TPE et PME, ce nouveau « tiers état » qui a la malchance de ne pas être délocalisable. D’accord sur les chiffres…
Economiquement, il est impensable aux yeux de beaucoup de se libérer de ce fardeau parce qu'ils l'imaginent être une ressource essentielle de l'Etat. En réalité, nous sommes paradoxalement le seul pays au monde à pouvoir abolir notre impôt sur le revenu. Son rendement est en effet exceptionnellement faible : moins de 10 % des ressources publiques et moins de 4 % de la richesse nationale ! Et pour cause : ce vieil impôt est morcelé, mité, son contournement par des voies légales ou illégales du fait de sa complexité étant devenu un sport national. Et comme derrière chaque niche fiscale il y a un territoire ou un groupe de pression, l'impôt sur le revenu est devenu absolument irréformable. Nous sommes d’accord.
D'un point de vue budgétaire, d'aucuns pensent qu'une telle amputation de nos recettes fiscales ferait exploser notre déficit déjà vertigineux. C'est nier que l'économie réelle est plus affaire de dynamique que d'arithmétique, de psychologie plus que de chiffres. En clair, programmer la suppression de l'impôt sur le revenu, dans un plan global de baisse des dépenses publiques et des prélèvements obligatoires sera un tel choc de confiance que la consommation et l'investissement revigorés débloqueront un surplus de croissance qui augmentera d'autant les recettes globales de l'Etat. La, Franck Allisio est très optimiste. On y arriverait, mais avec l’ensemble du Projet TAN. Avec le seul IRPP de supprimé, on est loin du compte.
Reste l'objection politique et idéologique, le procès en « mesure antisociale ». C'est le mythe du caractère redistributif de l'impôt sur le revenu. En réalité, ce dernier est devenu, au fil du temps, un mensonge politique destiné à donner l'illusion de la justice fiscale. Car, derrière sa complexité technique, ses innombrables déductions, abattements et autres régimes dérogatoires, se cachent des privilégiés qui ont les moyens d'avoir recours à l'ingénierie fiscale pour contourner légalement le système et payer toujours moins d'impôt. C’est exactement ce que nous disons depuis 2006.
Tout au plus, suffirait-il de maintenir une taxe sur les hauts revenus, une forme de tranche marginale de la CSG, pour gommer définitivement tout risque de « cadeaux pour les riches » et financer une partie de notre projet. Le reste le sera largement par la croissance engendrée et la réduction drastique de nos dépenses publiques. Ha, ha ! Nous y voici. « Il n’y a qu’à pratiquer une réduction drastique de nos dépenses publiques. » Je n’aurai pas la méchanceté de demander à l’UMP pourquoi ils ne l’ont pas fait avant, et de leur rappeler que c’est pendant les années Pompidou, Giscard d’Estaing, Chirac et Sarkozy que nous avons connu les plus fortes croissances des dépenses publiques. Je dirai simplement que c’est devenu impossible. Cette réduction drastique produirait environ un million de chômeurs en plus. Passons.
 Nous dansons sur un volcan et l'heure n'est plus aux demi-mesures, ni aux batailles comptables. Si une nouvelle génération comme la nôtre s'engage en politique, c'est avec pour devoir d'être iconoclaste, de faire bouger les lignes, de s'attaquer à des tabous, de ne surtout pas se soumettre à un prêt-à-penser inhibant. Là nous sommes d’accord. L’heure est à la réforme structurelle, comme en 53 quand nous avons créé la TVA.
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Franck Allisio a raison de dire que l'Impôt sur le Revenu a cessé d'être redistributif, et que son abolition restaurerait du pouvoir d'achat. Évidemment, sa proposition ne porte que sur l'IRPP.  Il veut quand même le conserver pour les très gros revenus, ceux qui savent déjà comment éviter l'IRPP de toute manière. Donc il passe à coté de l'essentiel: Le remplacement de tous les impôts sur les revenus par une Taxe sur l'Actif Net qui remplace à la fois l'IS, l'IRPP, la CSG, l'ISF, les droits de succession et la Taxe Foncière. De loin la plus grosse contribution aux recettes de cette TAN viendrait des patrimoines de plus de €500,000 d’actif net, et ce serait donc autant de moins à la charge des classes moyennes et des PME. Les détenteurs de ces patrimoines pourront en contrepartie considérer que les entreprises dans lesquelles ils investissent ne payeront plus d’IS, et que leurs salariés ne payeront plus d’IRPP ni de CSG. Mais surtout elle rendrait possible les investissements à très long terme qui remettrait toute la population française et leur épargne au travail. Nous attendrons encore un peu qu'il ait lu l'ensemble de notre projet... 


André Teissier du Cros