jeudi 10 janvier 2013

Le Droit à la Vie, et ses implications.


Les origines exactes de la vie sont encore un mystère. Mais les manifestations de la vie permettent de constater qu’elle obéit à des lois, à commencer par celles de l’évolution. Toute espèce vivante s’adapte à un environnement qui change lui-même, et le succès de l’espèce vivante se constate par un fait simple : La survie. Ainsi quatre êtres vivants exceptionnellement anciens (cent millions d’années et plus) comme la fougère, le crocodile, le requin et la fourmi, donnent l’exemple du succès puisqu’ils sont encore là, alors que tant d’autres qui étaient en compétition avec eux ont disparu.
Le droit que la nature attribue à chaque être vivant est celui de la force. Chaque individu d’une espèce s’efforce de se survivre d’abord à lui-même. C’est le plus gros mâle phoque qui a droit aux femelles et à la place sur le plus haut rocher de la crique. C’est la poule la plus forte qui impose son droit prioritaire à picorer le ver qui sort du sol. Le premier occupant d’un territoire qu’il veut s’approprier y arrivera par la force et la violence. Le droit du plus fort est le seul droit naturel, y compris pour les ancêtres de l’homme qui étaient des primates parmi d’autres, se distinguant par la station parfaitement verticale, voir Qu’est-ce qu’un être humain.


L’être humain capable d’humanité se distingue des autres primates par ce qu’il invente des concepts originaux : Vérité, justice, bienveillance, droits de l’homme, république, démocratie, etc. Il invente ces concepts, insistons bien, seulement depuis quelques millénaires, alors qu’Homo Sapiens existe depuis au moins cent mille ans. Ces concepts créés par l’humain, tels que les Droits de l’Homme, sont donc des artefacts, ils sont artificiels.
Ces droits découlent d’un seul droit originel : L’être humain revendique le droit à la vie, et cherche à bâtir un ordre politique qui respecte ce droit absolument. Pourquoi y prétend t-il ?
Son raisonnement d’humain capable d’humanité est : Je n’ai pas demandé à naitre. Je n’ai pas demandé à vivre à cette époque et dans ce pays précis. Je n’ai pas choisi mon sexe. Je n’ai pas choisi mes parents ni mes frères et sœurs. Si je suis né, c’est qu’ils m’ont voulu, dans une société qui les y a encouragés, parce que chaque vie n’a qu’un temps et qu’il faut que la procréation fonctionne pour assurer le renouvellement des générations. Et ce renouvellement, c’est moi. Vous, famille et société, avez voulu que je vive. Eh bien, soyez logiques avec vous-mêmes. Je demande ce droit à la vie. Je vais tenter de jouer ce jeu, mais voyons quelles cartes me sont distribuées.
Et les autres droits, alors ? Pourquoi un seul droit ?
Ah ! Parce qu’un droit à la vie veut dire une vie humaine se distinguant d’une vie animale ; ce n’est pas un droit à n’importe quelle vie. Par exemple une vie d’esclave, ou d’animal qu’on engraisse pour le manger, ou de chair à canon qu’on forme à charger au tambour, n’est pas son idée de la vie. 
Il demande à ceux qui l’ont mis au monde de le guider à ses débuts (enfance, adolescence) vers une vie digne, qui soit vraiment une vie d’être humain et pas de bête qu’on affame ou qu’on engraisse. Dignité.  
Une vie qui ait un sens qu’il comprenne, ce pourquoi il faut qu’il puisse s’instruire, s’informer et trouver la vraie réponse a ses questions. Il demande que la vérité ne lui soit pas interdite s’il la cherche. Vérité.  
Et s’il la cherche, c’est qu’il est libre de la chercher là ou son esprit curieux le mène. Liberté. 
Une vie d’être humain, qui ait un sens, implique la liberté de pensée et d’expression, hors d’atteinte de tout pouvoir. Cela s’appelle Laïcité. Liberté veut dire prise de risques et responsabilité, qu’il accepte. La sanction de ses erreurs ou de ses fautes peut venir de la force des choses, tempête ou inondation. Elle peut aussi venir de ce qu’il a causé un dommage à autrui, ou même à la société. Il est alors sanctionné par la loi et ceux qui l’appliquent. Justice.  
Et il peut lui aussi être victime des malversations de ses semblables. Cette loi est-elle la même pour tous ? Là, il exige l’égalité devant la loi. Égalité.
Cette loi qui est la même pour tous ne peut évidemment pas du tout garantir une égalité en tout, une égalité des conditions mêmes. Donc des nouveaux nés si proches en conditions au départ vont devenir des humains très différents en goûts, en talents, en caractère, en fortune matérielle, en pouvoir d’influence, en créativité…  Il l’accepte, mais il suppose que, dans cette société humaine ou il a été parachuté pour y participer à son tour,  la sagesse des lois est suffisante pour que des fortunes ne puissent être formées qu’en résultat d’une véritable création de richesses, et non pas par la spoliation d’une foule d’êtres humains pauvres, isolés, moins bien informés, mais en général de bonne foi et de bonne volonté.
Existe-t-elle, cette société qui invite ainsi chaleureusement l’humain nouveau-né à devenir capable de cette humanité qui le distingue de l’animal ? 
Disons sans hésiter que, dans une échelle de temps qui englobe mille siècles d’histoire du paléolithique à l’âge d’Internet, nous Français et Européens avons fait des progrès incontestables; et que malgré ses innombrables faiblesses, fausses routes, faillites, telle qu’elle est, parmi les cent quatre-vingt-douze membres des Nations Unies, la France est parmi une de celles tout à la pointe de ce progrès. Donc ne crachons pas trop dessus…