lundi 12 novembre 2012

« Mon ennemi, c’est la Finance »… et autres vérités premières.

François Hollande a dit dans sa campagne électorale : « Mon ennemi, c’est la finance. » Il avait raison s’il voulait dire « la financiarisation », et il pouvait alors ajouter qu’elle est devenue l’ennemi de l’humanité depuis les années 80. Ce fut le début de la dérégulation générale des marchés financiers, qui a permis la grande vague de financiarisation des activités humaines et aussi des ressources naturelles, avec paupérisation des revenus les plus modestes, et des dites ressources.
Mais les mesures fiscales qui ont été prises depuis son élection sont allées à l’opposé de ses promesses. Et les choses s’aggravent encore depuis que

depuis que le Rapport Gallois sur la compétitivité est interprété de travers. Elles en arrivent au point ou nos amis allemands essayent de comprendre pourquoi notre nouveau gouvernement s’obstine tant à prendre les mauvaises cibles dans ses réformes.
On a d’abord craint que ce seraient les entrepreneurs privés et non pas les dirigeants de sociétés cotées en bourse qui auraient été les principales victimes, en raison de taxes sur les plus-values de cession  carrément punitives le jour où ils vendent leur entreprise pour prendre leur retraite. Mais, dit La Tribune du 8 Octobre, « Après la fronde des « pigeons », ce ne sera finalement pas le cas, ni pour ceux détenant une part significative de l'entreprise concernée (on parle de 15% au moins), ni pour ceux partant en retraite, ni pour ceux réinvestissant le fruit de la plus-value, ni pour ceux conservant leurs titres plusieurs années (le chiffre exact fera l'objet d'un amendement), ni pour les « petits » boursicoteurs, qui auront toujours droit au plan d'épargne en actions (PEA). Autrement dit, peu de contribuables paieront plus, in fine... » Le gouvernement a donc reculé, a accepté de nombreuses exceptions, prouvant qu’il n’avait pas étudié sérieusement ses projets.
Les PME, dont précisément la France a besoin pour créer des emplois et investir, continuent à payer un Impôt sur les Bénéfices (IS) supérieur à celui que payent leurs collègues allemands et autres, et à être plus taxées que les entreprises cotées en bourse en raison de déductions, régimes d’amortissements et niches diverses. Les revenus modestes voient quand même leur IRPP en Euros courants augmenter de 3 à 10% alors qu’ils n’en ont vraiment pas besoin en ce moment. Les cadres moyens à supérieurs (autour de 100,000 Euros par an) peuvent voir leurs impôts augmenter de 40 à 100%, tandis que ceux dont les revenus approchent 200,000 Euros/an et détiennent 3 millions de patrimoine, par contre, ne voient leurs impôts augmenter que de 10 à 15%. La tranche à 75% (qui ne rapportera que 210 millions quand nous chassons les dizaines de milliards), n’y change pas grand-chose.
Quant aux super-riches, ils passent facilement à travers les gouttes ; il leur suffit de changer la répartition de leurs divers revenus financiers en France et à l’étranger. Et ils représentent la minuscule tranche de la population qui s’enrichit le plus vite en pleine crise : Challenges de Juillet 2012 nous apprend que les 10 plus grosses fortunes françaises représentaient 22 milliards en 1996 et en atteignent maintenant 109, soit une progression de 10.9% par an ; tandis que le pouvoir d’achat en Euro constants de deux tiers des Français a diminué. Les 500 Français les plus riches détiennent maintenant 2.9% du patrimoine privé du pays, soit 267 milliards. 30,000 Français détiennent un patrimoine d’au moins un million. Tant mieux pour eux, bien sûr ! Et cet écart croissant des conditions entre les plus riches et les plus pauvres est pire en Amérique, en Angleterre et dans plusieurs autres pays dits développés.
Cette modeste réforme fiscale n’a jamais montré de façon aussi éclatante l’injustice profonde que maintient l’impôt sur le revenu, que ce soit celui du particulier ou de l’entreprise privée, et à quel point cet impôt profite à l’entreprise cotée en bourse, surtout quand elle est internationale et peut, comme Sanofi ou Total, générer ses profits hors de France et licencier en France. Bien sûr je connais la réponse : Yaka diminuer les impôts, supprimer les innombrables gaspillages de l’État, réduire ses dépenses et laisser à l’entreprise le soin de créer des richesses. D’accord ! Mais depuis environ 30 ans la bourse est devenue destructrice de richesses, nous en avons souvent parlé et ne sommes pas les seuls. D’ailleurs la bourse ne procure plus aujourd’hui de financement que pour 6% des besoins de nos entreprises, alors qu’à diverses époques passées elle a frisé 25% ou même 30%. Ces richesses détruites auraient pu servir à créer des emplois et des activités. Les revenus modestes qui baissent, c’est autant de réduction des marchés de masse. Et quand les conditions des plus défavorisés sont devenues précaires a ce point, une hausse de la TVA contribue à cette même réduction (en attendant de pousser dans la rue, à son tour, la population française). Même un économiste de l’école la plus classique et conservatrice qui soit doit reconnaitre que notre économie devient un immense serpent qui se mange par la queue.
Nous continuons à apporter la seule solution : Remplacer tout impôt sur le revenu, et celui payé par l’entreprise d’abord, par la Taxe sur l'Actif Net (TAN), impôt sur le patrimoine des seules personnes physiques. Jamais il n’a été aussi clair que seule une taxe sur l’actif net  peut rétablir la justice fiscale en libérant l’entrepreneur privé, celui qui crée des emplois et des richesses en même temps.

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