vendredi 14 septembre 2012

Gaz de Schiste: Si un débat est nécessaire...

Voici pourquoi il me semble que nous Français, de quelque bord que nous soyons, devons dire non à l'exploitation des gaz de schiste sur notre territoire.
A un économiste néolibéral, je dirais:



La viticulture française est une industrie qui fait 27 milliards de chiffre d'affaires dont 7 sont exportés, auquel il faut ajouter les activités sous-traitantes et dépendantes. La France est la première destination touristique du monde, et le verre de vin est un symbole de ce qui évoque l'art de vivre qui rend notre pays attractif.  L'exploitation des gaz de schiste constitue pour les deux un danger impossible à estimer, mais un danger certain. Ailleurs dans le monde, on ne voit ce type d'exploitation ni dans des régions viticoles, ni dans des régions fortement touristiques de vocation.
A un expert de l'industrie de l'énergie, je dirais: Jean-Marc Jancovici, polytechnicien distingué, démontre clairement (voir www.manicore.com) que le modèle de croissance que nous continuons à appliquer (comme s'il était un modèle de prospérité garantie) en est arrivé au point ou la croissance du PIB est directement liée à la croissance de la consommation d'énergie, et surtout d'énergie d'origine fossile; que les gaz de schiste - dont les réserves sont en effet importantes - apporterait un répit dangereux: Il retarderait le nécessaire changement de modèle à un moment ou notre consommation énergétique aurait cru encore plus, rendant donc le changement de modèle encore plus douloureux sinon impossible. Quant au nucléaire utilisé au maximum, parce qu'en effet il a au moins la vertu de ne pas engendrer de gaz à effet de serre, il pourrait retarder l'échéance de 15 à 20 ans, guère plus. A supposer bien sur qu'il n'y ait pas d'autre Fukushima, ce qui est hasardeux tant que les compagnies d'électricité sont cotées en bourse, comme c'est justement le cas au Japon.
A un président d'une grande compagnie pétrolière, je dirais: Tant que votre société sera cotée en bourse et que votre rémunération comprendra des stock-options, votre crédit d'intention est nul: Quand on découvrira enfin quelle erreur l'humanité a faite en vous écoutant, vous serez depuis longtemps parti avec la caisse.
A François Hollande et à ses ministres, je dis: Regardez le prix du blé et des denrées agricoles, qui montent parce que le monde commence tout juste à sentir les conséquences de la surexploitation des ressources naturelles. Regardez leur contribution à l'emploi et à notre balance des paiements. Calculez ce qu'il nous en couterait si notre agriculture était encore plus endommagée par des pollutions et destructions d'écosystèmes qui sont tantot prévisibles; tantôt jugées peu probables par les experts politiquement corrects; et tantôt totalement imprévisibles parce que l'équilibre des écosystèmes, y compris dans notre sous sol, dépend d'une myriade de facteurs dont nous ne connaissons qu'une fraction.
Et à tous les Français, nous disons: La transition sera lente. Mais elle sera fortement créatrice d'emplois dans l'agriculture, dans l'industrie, et dans les services non-financiers surtout. Ce sont des emplois qualifiés, pas des serveurs de fast-food. Ils sont à notre portée si nous réapprenons à investir dans le très long terme, pour nous et pour nos enfants. Et n'oubliez jamais que le plus grand gisement d'énergie à exploiter s'appelle les économies d'énergie. Énergies vertes ou économies d'énergie impliquent tous deux des Investissements à Très Long Terme (ITLT, 30 à 100 ans) dont le financement ne doit plus dépendre des marchés financiers, mais de la garantie souveraine de l’État matérialisée par la Banque Publique d'investissements. Grace à cette garantie souveraine, la BPI pourra imposer les très bas taux d'intéret qui s'imposent pour de tels projets. E
t ces projets seront attractifs dans une économie qui abolit par étapes toute forme d’impôt sur le revenu. Voir http://www.comitebastille.org/p/blog-page_2362.html