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mardi 23 avril 2013

Liberté, Egalité, Fraternité, Laïcité. Bravo Mr. Peillon!



Vincent Peillon, Ministre de l’Education, annonce que la morale laïque et l’instruction civique qui y participe vont revenir au programme en tant que discipline à part entière. Voila une bonne nouvelle qui arrive au bon moment. Nous choisissons ce moment pour annoncer que notre bureau propose d’élargir la devise de la République Française : Liberté, Egalité, Fraternité, Laïcité.
Parmi tous ceux dont la France est le pays de résidence, cette morale laïque intéresse ceux qui sont citoyens, ceux qui ne le sont pas encore, ceux qui n’ont pas encore l’intention de le devenir, ceux qui croient au ciel sans distinction d’église, de religion ou de dénomination, ceux qui n’y croient pas mais qui croient en une vie spirituelle, ceux qui n’y croient pas du tout,  et ceux qui ne sont pas surs. Je crois n’avoir oublié personne.
Nous saisissons l’occasion pour rappeler que la laïcité, version française et républicaine, n’est pas l’invention du Petit Père Combes.Elle a été formalisée pour la première fois par les trois mousquetaires catholiques de la laïcité, aussi appelées les pèlerins de la liberté : L’Abbé Félicité de Lamennais, Le Père Henri Lacordaire, et Charles de Montalembert, entre 1830 et 1848. On ne pouvait pas les soupçonner d’athéisme ni de matérialisme, et ils n’étaient ni libertaires, ni libertins. C’est Lacordaire qui a écrit : « Qu’il n’y ait rien de religieux dans la politique, ni rien de politique dans la religion. »
Vincent Peillon définit ainsi (Le Monde du 23 Avril) la morale laïque : (la suite à https://docs.google.com/document/d/1npSkGq41zSbpSfR4GusDXe0SFWYqxVvTWqFCHSRpiHg/edit)

dimanche 14 avril 2013

Nous sommes en train de perdre la guerre mondiale contre la financiarisation. Mais nous pourrions encore la gagner.



L’industrie de la financiarisation est maintenant la plus puissante du monde. Cependant la France pourrait la vaincre définitivement en quelques étapes s’étalant sur dix ans environ,  avec l’aide ou l’approbation des principaux membres de l’UE.
Le magazine allemand Stern[1] publie une étude remarquable sur la puissance qu’a atteinte cette industrie, et explique pourquoi elle sait maintenant paralyser un gouvernement isolé. Chaque Européen devrait être conscient des faits exposés, qui montrent à quel point nous sommes en train de perdre une guerre mondiale contre cette industrie:
Le manque a gagner fiscal, donc le cout de l’évasion et de la fraude fiscale combinés pour tous les pays de la planète est de l’ordre de 2 trilliards d’Euros par an, soit 110% de la Production Intérieure Brute (PIB) de la seule France, et 16.4% de celle des USA (€12.1 trilliards). Pour la seule France, ce manque a gagner est de 80 milliards par an, soit environ 60% de plus que les seuls intérêts de la dette de notre pays.
Ceux qui mènent la guerre contre cette spoliation planétaire sont les inspecteurs du fisc. En Europe, ils sont de moins en moins nombreux, et de plus en plus mal payés. Or l’armée qu’ils combattent est d’abord forte de quatre entreprises géantes qui sont les conseillers fiscaux, financiers, juridiques et comptables Ernst & Young (167,000 employés dans le monde), Deloitte (193,000), PriceWaterhouse-Coopers (180,000), et KPMG (145,000). Les plus grandes entreprises bénéficiant de l’évasion fiscale sont toutes clientes de l’un de ces quatre. Mais on compte en outre 90,000 conseillers fiscaux de taille non négligeable, pour assister les firmes plus modestes. C’est cette énorme profession qui dans son ensemble, dit Stern, décide combien d’impôts vont payer les entreprises et les fortunes privées les plus prospères, celles qui peuvent payer leurs services. Bien entendu les salaires payés par ces firmes sont franchement élevés : Méphistophélès a toujours pratiqué des salaires royaux. Et pour cause : Leur ensemble ne coute aux clients que quelques pour cent des impôts évités légalement car ces firmes ne travaillent pas en dehors des lois : Non ! Elles « optimisent » la charge fiscale (bel euphémisme) grâce à des montages juridiques permettant, de société écran à société écran dont certaines dans un des 71 paradis fiscaux les plus connus, de payer entre zéro et un minimum à chaque transaction. Et elles financent des recherches ! Celles-ci portent sur des modèles mathématiques de plus en plus savants qui piloteront des logiciels eux-mêmes plus ésotériques permettant d’automatiser la recherche du meilleur montage. Soyez mathématicien, c’est un métier d’avenir !
Remarquons pour couronner le tout que la fameuse troïka (Banque Centrale Européenne, Fonds Monétaire International et Commission Européenne) vient ajouter son armée de professionnels similaires, dont l’action est toujours au service de l’austérité, c’est a dire de la politique qui assure que la crise mondiale continue à profiter a la financiarisation.
Et quid des défenseurs de la loi fiscale ? Stern dit : « les administrations fiscales payent de plus en plus mal un nombre décroissant d’inspecteurs, et se comportent comme des gérants de supermarchés qui licencieraient leurs caissières pour faire des économies, puis s’étonneraient que leurs caisses soient vides. »
Pouvons nous gagner cette guerre au lieu de continuer a la subir avec fatalisme ? Oui. Voici comment, dans le cas de la France agissant seule, mais tenant informés ceux des pays que la démarche intriguerait, et Bruxelles bien sur.
L’arme secrète que nous utiliserons sera simple : Comme l’évasion fiscale consiste avant tout à éviter l’impôt sur le revenu sous toutes ses formes, nous allons... voir suite a



[1] Voir Courrier International du 11 Avril.

mercredi 3 avril 2013

C'est pire que ce que je croyais...

Je suis coupable de candeur... 
Dans mon papier précédent, je disais naïvement que je ne pouvais imaginer que Jérôme Cahuzac ait été un affairiste douteux qui avait eu la maladresse d’avoir un compte en Suisse à son nom personnel. Je me trompais! 
Cela ne change rien, au contraire, à l’esprit de mon article, mais prouve que la corruption des mœurs et usages des élus de la République a atteint un niveau tel que c’est la crédibilité même de toute la classe politique qui est mise en cause à droite comme à gauche. Jérôme Cahuzac, Ministre du Budget prenant l’engagement de lutter contre la fraude fiscale, avoue avoir été fraudeur lui même. Il reste à établir si en outre il aurait reçu en Suisse des honoraires de sociétés qu’il aidait dans leurs efforts de lobbying quand lui même conseillait le Ministère de la Santé.
Je propose ici que tous les élus qui tiennent une responsabilité ministérielle ou bien sont a la tête du pouvoir exécutif au niveau région, département ou municipal, donnent l’exemple qui fut donné autrefois par plusieurs hommes politiques de la 3e et 4e République: Regrouper tous les actifs de leur patrimoine personnel ou familial de quelque nature que ce soit dans une société civile qu’ils créeront à cet effet, et confier la gestion de cette société à un organisme fiduciaire crédible, qui leur versera quand ce sera approprié une rente dont le chiffre sera public. 
Alors seulement il sera possible de faire comprendre à un élu la gravité de l'engagement qu'il prend à servir la République d'une manière qui ne suscite pas le moindre soupçon.
Si vous approuvez, merci de l’exprimer ici.
André Teissier du Cros

samedi 23 mars 2013

La même histoire derrière les malheurs de Chypre, de Christine Lagarde et de Jérôme Cahuzac.



Il se trouve que je ne pense aucun mal des chypriotes, que je tiens Christine Lagarde en très haute estime, et que je n’imagine pas un instant que Jérôme Cahuzac ait voulu être un affairiste douteux.
Chypre est un sympathique pays à vocation touristique et agricole, civilisé depuis des millénaires (une reine de Chypre épousa un Ptolémée en 47AD, pas n’importe quoi…)  Son gouvernement a cru profiter de l’attrait que les mafias russes avaient pour une ile méditerranéenne près de chez eux ou on pouvait combiner les joies du tourisme et l’utilité d’un paradis fiscal, en pariant sur le fort développement de l’industrie bancaire nécessaire à cette dernière vocation. Après tout, la banque n’est-elle pas une industrie comme une autre ?
Mais voici que l’énorme industrie bancaire de Chypre est frappée par les maladies que nous connaissons si bien. Elle entraine les finances du pays dans la spirale à la grecque. Appel au secours. En 2013, la Troïka intervient : Il faut trouver 18 milliards. « Aide toi, la Troïka t’aidera. » La Troïka souscrira à 10, mais exige que Chypre trouve le reste elle-même. Après tout, tout cela n’est-il pas la faute des clients des banques, souvent Russes, souvent motivés avant tout par l’évasion fiscale ? Qu’on les taxe, dit la Troïka ! Une fois n’est pas coutume, ils payeront 10% de leurs comptes au-dessus de 100,000 Euros. Chypre répond : Nous ne pouvons pas avoir l’air de nous en prendre à nos seuls clients étrangers : Après tout, ils nous font vivre ! On taxera aussi les petits épargnants, mais moins : 7.5% ! Et dans tout cela on est si content d’avoir trouvé la solution… qu’on oublie de demander l’avis du parlement chypriote ! C’est-y bête ? La suite au prochain numéro.
Il y a un lien avec les deux autres cas. Vous allez voir…
Christine Lagarde, devenue Ministre des Finances en 2007, a voulu en finir avec une sale affaire trainant depuis 15 ans. En 1990... La suite sur