vendredi 23 juin 2017

Les jeunes Européens votent à gauche, et pour l'Europe qui accepte mais inclut les différences. C'est là qu'ils trouvent à rêver et à espérer.

Les jeunes vont-ils réinventer la roue et répéter certaines erreurs du passé comme en Mai 68, ou au contraire remonter aux sources de l'Europe, celle de la même loi pour tous, tout en incluant l'Autre (inclusion additive) ? Celle des différences qu’on vit ensemble au lieu des affrontements dogmatiques ?

Jeremy Corbyn, le dinosaure de l’Étatisme 
et des nationalisations,
fait un tabac chez les jeunes britanniques.


Des jeunes européens polyglottes et voyageurs, les Français comme les autres.
C’est ce que propose Bernard Barthalay, Président de Puissance Europe, dans  son blog sur World Government Research Network, voir http://wgresearch.org/macron-brand-stand/.  Ce papier s’adresse aux jeunes Européens polyglottes et voyageurs, qui apprennent en allant parler à l’autre chez lui au lieu d’étudier dans les textes publiquement accessibles. Il est donc en anglais. Je le résume et le commente.
En Grande Bretagne, Agnès Catherine-Poirier (Marianne, 17 Juin) écrit que 70% des jeunes de 18 à 25 ans ont voté le 8 Juin, et ils ont voté pour Jeremy Corbyn, travailliste, que les médias décrivent comme un dinosaure socialiste de Grand-papa.
Jean-Luc Mélenchon a mieux tiré son épingle 
du jeu électoral que le reste de la gauche. 
Les jeunes y sont pour beaucoup.

Jean-Luc Mélenchon, que beaucoup décrivent comme le revenant du Marxisme soit pré-Lénine, soit révisé par Spinoza comme le propose Frédéric Lordon, a fortement séduit les jeunes.
Bien sûr, ce sont des utopistes ! Mais attention: Le modèle socio-économique dominant en Europe comme en Amérique est arrivé à combiner l'austérité, le chômage, la croissance fatale des inégalités, l'aliénation qui va avec, le refus de l'étranger mais la tolérance de la corruption planétaire, le tout marqué de l'estampille de Maggie Thatcher garantissant qu'il n'y a pas d'alternative. Et surtout pas celle qui vous donnerait les raisons de rêver et d'espérer. Nous croyons que l’utopie, aujourd’hui, c’est de croire que ce modèle peut survivre longtemps.

lundi 5 juin 2017

On this 73rd anniversary of the Normandy landing, it seems to be time to reinvent the Free World.

Cette page s’adressant à notre audience européenne est exceptionnellement en anglais. Elle sera transférée sur notre page en anglais d’ici une semaine. 

An independent NATO could replace the US as supreme guarantor of peace. 

The EU could become the Tax Haven for business and entrepreneurs only, thus financing NATO with recovered proceeds of tax evasion, and setting free the Very Long Term Investments (30-100 Yr.) palliating climate change, threats on ecosystems, cyberterrorism and psycho-warfare.

In June 2016, the people of the United Kingdom (UK) have voted to let their government negotiate Brexit, i. e. Britain exit from the European Union (EU). Formal negotiations are about to begin. Within two years, probably a bit more, the UK will no more be a member of the EU. Unless Euripides’ Law[i] plays some tricks.
Within the UK, the people of Ireland and Northern Ireland are the first to face unforeseen and critical consequences: Will the Good Friday Agreement (1998) become obsolete? With this agreement, the EU managed erasing the border artificially separating them. This formally ended a state of conflict punctuated by war and terrorism which, in practice, prevailed since Elizabeth the First… It means that the Irish people have a case to finally unite, and stay in the EU where they already belong, while keeping with the UK any trade and other agreements. A similar request from Scotland will probably follow. The scenario now in progress could end with the termination of a three-centuries-old union of kingdoms which, formally, never ceased to consider themselves as sovereign nations. Probable? No. But no more impossible.

lundi 22 mai 2017

Trop d’impôts. Trop de chômage. Trop de déficits. Trop de dettes. La quadrature du cercle face a l'UE et au G7.

Nous mettons ici à jour un papier datant du 1/3/2012.

Et d'abord payons-nous trop d’impôts, et pourquoi?  
Cette question est au cœur des débats qui s’ouvrent en ce moment (Mai-Juin 2017) avec Bruxelles, c’est-à-dire entre la France et l’Allemagne, à propos de discipline budgétaire, ou de responsabilité budgétaire comme nos amis de Puissance Europe préfèrent ; et elle est au cœur du Projet Taxe sur l’Actif Net (TAN)
Le débat tourne autour de ces questions :
o   Devons-nous équilibrer à tout prix notre budget (recettes égale dépenses) en augmentant certains impôts et en réduisant certaines dépenses (thèse notamment de Wolfgang Schaüble, Ministre des Finances de l’Allemagne fédérale)?
o   Dans ce cas, devons-nous imposer une politique générale de réduction des emplois publics (thèse populaire à droite), et augmenter soit la TVA (thèse de droite), soit l’ISF (thèse de gauche), soit l’Impôt sur les Sociétés (IS, sur les bénéfices, thèse de gauche) ?
o   Dans ce même cas, devrions-nous plutôt imposer une Taxe sur l’Actif Net remplaçant ISF, Taxe Foncière et Droits de Succession destinée à augmenter tous les ans jusqu’à rendre possible la forte réduction d’abord, l’abolition ensuite de tout impôt sur le revenu (IS, IRPP, CSG, CRDS) ce que propose le Comité Bastille dans son Projet TAN ?
o   Devons-nous instaurer une discipline budgétaire ferme, qui impose vraiment le respect d’un déficit maximal, savoir 3% dans le Traité de Maastricht ?
o   Si nous instaurons cette discipline, devons-nous la faire imposer par une institution veillant sur le droit constitutionnel, le Conseil Constitutionnel par exemple (proposition du Comité Bastille, et pratique notamment de la Suisse, voir https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19670112/index.html), ou bien faisons-nous confiance aux gouvernements successifs pour la respecter (ce qu’ils n’ont pas fait depuis 40 ans…) ?
o   Si nous instaurons cette discipline peu importe de quelle manière, devons-nous compléter la règle des 3% par une exception : Ne seront pas comptés dans le déficit les dépenses (et endettements correspondants) qui financent des créations d’actifs, lesquels sont des vraies richesses pour le long terme, telles que les investissements à très long terme (ITLT) dans la conversion biocompatible de l’économie (proposition du Comité Bastille) ; en plus, l’accroissement de population active ou qui sera active (une autre de nos propositions) permettra un déficit supplémentaire, mais à condition de moduler ces accroissements de telle sorte que la pression fiscale globale supportée par notre économie aille en décroissant lentement (encore une autre de nos propositions) et que la dette extérieure diminue aussi[i] ?
o      Et dans ce cas, jusqu’où pouvons-nous aller dans ces ITLT, sachant qu'ils diminuent les importations de combustibles fossiles, qu'ils accélèrent la sortie du nucléaire, qu'ils créent des emplois non-délocalisables, qu'ils réduisent les pollutions et la destruction des écosystèmes, qu'ils donnent à notre agriculture les moyens pour sortir du marasme, et qu'ils ajoutent des points de croissance, sans être accusés de dévaluation interne - ce qui serait faux - et de concurrence fiscale - ce qui resterait faux pendant les 3 ou 4 années ou nous ne faisons que nous aligner sur la fiscalité d'autres membres de l'UE ? (Le Projet TAN dit: 300 000 emplois pour 100 milliards d'ITLT par an pendant dix ans)?

Ceci dit, derrière ces questions s’en cachent d’autres, bien plus fondamentales, relatives à : La pression fiscale, l’endettement, et le déficit budgétaire[ii].

Parlons d'abord...

vendredi 19 mai 2017

Budget 2018: Pas de Loi de Discipline Budgétaire, donc pas d'investissements à long terme, donc pas de conversion verte de l'économie, donc pas de création d'emplois, et scepticisme de l'Allemagne assuré.

Les ajustements fiscaux envisagés pour 2018 par le tout nouveau gouvernement formé par La République En Marche (REM) contiennent quelques bonnes choses, deux très mauvaises, et un piège. Quel dommage, alors qu'il est légitimement porté par une grande vague d’espoir. Est-il encore temps de réagir ?
Le piège d'abord. Nicolas Hulot, rompant avec ses refus passés de jouer avec la politique, a accepté un grand ministère de l'environnement. Il a l'audience et le crédit lui permettant d'engager la bataille pour la sortie graduelle mais ferme du nucléaire et pour l'arrêt du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. Ce projet est l’emblème de la politique passée favorisant la tonne de béton et le baril de kérosène au détriment des écosystèmes. C’est là sa grande et dernière chance - et de tout cœur nous lui souhaitons bonne chance - de fortement influencer le grand virage, la conversion biocompatible de l’économie française comme dit Corinne Lepage, avec la formidable création d'emplois qu’entraînera ce virage.
Car pour financer ce grand virage (transition énergétique intégrant le stockage d’énergie, agrosylviculture[i] et agriculture bio, mobilité électrique, reconquête de l’eau fraiche, habitat énergétiquement neutre, adaptation au changement climatique, plus numérisation, formation et R&D accompagnant le tout) nous démontrons qu’il faut investir à très long terme (30 à 100 ans) cent milliards par an pendant dix ans. Nous créons alors trois millions d’emplois directs[ii].
Mille milliards pour engager la conversion biocompatible
de la France dans le contexte du changement climatique,
c'est possible. Cela crée trois millions d'emplois..
Mais bien entendu un tel objectif ferait bondir Bruxelles : Que deviendrait le déficit budgétaire, dont l’objectif de 3%, rarement atteint, n’a pas été respecté depuis 2007 ?
Or il est possible de satisfaire Bruxelles, et Wolfgang Schaüble qui veille derrière.
Il faut...

vendredi 28 avril 2017

Lettre ouverte à Emmanuel Macron : Comment facilement prouver que vous n’êtes pas l’homme de la financiarisation.

Monsieur le Président du Mouvement En Marche !
Vous avez déjà réussi un tour de force, en sortant gagnant du premier tour des Présidentielles alors que vous n’aviez aucun parti derrière vous et étiez pour les Français un illustre inconnu jusqu’en 2014. Vous avez déjà fait l’histoire. Bravo.
Vous avez maintenant jusqu’au 7 Mai pour convaincre les Français que vous n’êtes pas l’homme de la Financiarisation (https://fr.wikipedia.org/wiki/Financiarisation).
Ce qui vous est facile, parce que vous en connaissez les moteurs au sein de l’Etat, comme au sein de l’industrie bancaire.
Nous restons un des grands et vieux pays qui pratiquent la Libre Entreprise, donc qui refuse comme toute l’Union Européenne l’économie impérativement dirigée, laquelle est le fondement d’un régime totalitaire.
Mais nous sommes aussi un des quelques pays libres ou l’Etat, et la dépense publique, pèsent très lourd sur l’économie[1]. On peut s’en féliciter. On peut violemment le critiquer. Mais c’est un régime qui ne peut changer que très lentement, que ce soit vers plus de liberté ou vers plus d’Etat.
Cependant, le poids même de l’Etat lui permet de peser sur les pratiques généralement acceptées de la gestion de l’entreprise, surtout celle qui est cotée en bourse, par la fiscalité, par l’intervention directe dans celles ou l’Etat est actionnaire, par les conditions auxquelles les entreprises cotées peuvent ou ne peuvent pas participer aux marchés de l’Etat.
Combattre la financiarisation, cela pourrait se faire, par exemple, par les décisions suivantes, qui peuvent être vite légiférées.
Les entreprises cotées participant aux marchés de services et d’investissements publics et sollicitant l’accès aux financements de l’Etat, devront désormais s’engager publiquement et formellement à :
1.   Ne jamais racheter leurs propres actions (buyback),
2.   Ne jamais rémunérer leurs dirigeants et cadres par stock-options et parachutes dorés,[2]
3.   S’imposer un écart des salaires, pour leurs salariés propres, ne dépassant pas un multiple de 20 entre le plus bas et le plus haut salaire, toutes rémunérations confondues (primes, bonus…)[3],
4.   S’interdire, et interdire à leurs filiales, de faire transiter par un paradis fiscal un flux quelconque de leurs chiffres d’affaires ou de leurs achats.
A ceci, bien entendu, vous pourriez ajouter que la fiscalité française dans son ensemble va commencer à suivre les exemples de la Hollande, de la Norvège et de la Suisse, et évoluer vers la diminution de l’Impôt sur le Revenu et l’augmentation en compensation de l’Impôt sur le Patrimoine, comme nous le proposons depuis dix ans, voir http://www.comitebastille.org/p/blog-page_2362.html
Mais cela n’a aucune urgence d’ici le 7 Mai !
Restant à votre disposition, je vous prie d’agréer, etc.

André Teissier du Cros
Président fondateur du Comité Bastille




[1] Les pays du peloton de tête de la pression fiscale sont la France, le Danemark, la Suède, l’Autriche, le Belgique et l’Italie, voir http://www.atlantico.fr/pepites/france-numero-pression-fiscale-en-europe-en-2016-2705466.html
[2] Vous savez très bien pourquoi ces deux pratiques sont au cœur de la plupart des délits d’initiés.
[3] Ce principe était par exemple recommandé par Peter Drucker dès les années 60, et ce célèbre management consultant américain d’origine autrichienne, catholique pratiquant, ne pouvait aucunement être accusé de socialisme rampant…

samedi 25 mars 2017

Le Projet Taxe sur l’Actif Net (TAN) transformera radicalement la viabilité de la petite exploitation agricole (agriculture, élevage, forets, apiculture…).

Le petit exploitant, que la crise actuelle pousse parfois au suicide (600 cas par an…) va pouvoir, investir, embaucher, vivre dignement, et jouer un rôle essentiel dans la conversion biocompatible de notre économie.
L’agriculture française est dans une situation paradoxale :
Elle représente, avec €75 milliards de chiffre d’affaires environ (2014), 18% de la production agricole de l’UE, suivie de près par l’Allemagne et l’Italie (environ 50 milliards, voir graphique.) En 60 ans, le nombre d’exploitations a été divisé par cinq, ce qui n’a rien d’anormal : En 1955, la France comptait 2,3 millions d'exploitations agricoles. En 2015, elles n’étaient plus que 450 000. La population active agricole, familiale et salariée, atteignait 6,2 millions de personnes en 1955, soit 31 % de l'emploi total en France. En 2010, cette part est tombée à 3 % avec 600 000 personnes, voir http://www.agreste.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/AGRIFRA07c-2.pdf
Le prix de la terre cultivable augmente, poussé par la réduction de la surface cultivée au profit de l’urbanisation, et par la croissance démographique, voir http://bfmbusiness.bfmtv.com/france/mais-pourquoi-le-prix-des-terres-flambe-malgre-la-crise-agricole-913870.html  En effet la population française grandit d’environ 0,6% par an[1], et l’industrie du bâtiment ne suit pas assez vite la croissance de la demande. D’où une augmentation générale du prix des terrains, quelle que soit leur vocation. D’après France Stratégie, les prix généraux de l’immobilier résidentiel ont été multipliés par deux hors inflation sur trente ans, soit un taux annuel de 0,47% par an. 
L’avenir de l’alimentation saine favorise fortement l’agriculture bio. Mais la France, faute d’investissements, est en retard dans la conversion au bio :

dimanche 12 mars 2017

Petit précis de Financiarisation pour Emmanuel Macron, François Fillon, Jean-Luc Mélenchon, Benoit Hamon, Marine Le Pen et autres personnes très pressées.

Depuis les années 80, les nations se trouvent situées dans des marchés, et ce sont les marchés qui commandent aux nations.
Auparavant, c’étaient les marchés qui étaient localisés dans des nations, et les nations étaient souveraines sauf accord librement consenti.
C’est la conséquence de la financiarisation.[1]
Sous le modèle d’économie politique dit de la Financiarisation (voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Financiarisation), une pensée unique inspire les acteurs et décideurs de l’économie mondiale. Elle dicte que les marchés décident beaucoup mieux et infiniment plus vite que les environ 200 gouvernements dits légitimes représentés aux Nations Unies, lesquels, en outre ne sont jamais d’accord entre eux. Les marchés, eux, sont gouvernés par 28 banques systémiques[2] qui, elles, sont parfaitement d’accord entre elles pour dire que l’adaptation à la demande des marchés internationaux est la seule manière de conduire l’humanité vers la prospérité, et qu’il n’existe pas d’alternative de toute manière. La financiarisation est donc utile, elle est nécessaire, elle est de toute façon en train de prendre le pouvoir, et c’est pour votre bien à tous. Donc pourquoi résister ?
Est-ce vrai ? C’est complètement faux. Voici pourquoi.

samedi 11 février 2017

Est-il possible et viable de financer un Revenu Universel d'Existence (RUE) par un Impôt sur le Patrimoine élargi?

La réponse est Oui, mais progressivement et ... 
Pas sans loi imposant souverainement la discipline budgétaire;
Ni sans une grande relance de l'économie par une réforme fiscale beaucoup plus ambitieuse, rendant possible un appel massif à l'épargne des Français; 
Enfin cela dépend à quel niveau situer ce RUE. 
Voir l'état actuel de la proposition de la Fondation Jean Jaurès (FJJ), dont nous recommandons la lecture intégrale car les arguments fondamentaux justifiant le principe même d’un RUE sont remarquablement bien présentés, cliquez sur https://jean-jaures.org/nos-productions/le-revenu-d-existence-une-nouvelle-regulation-sociale
Pour notre part, résumons ces arguments en disant simplement qu'ils reconnaissent comme dépassé le double principe : 

Tout travail mérite salaire ; 
Et 
C’est un devoir de travailler pour vivre, de « gagner » sa vie

Nous avons compris que le travail bénévole est essentiel, et que l’activité de chaque individu en dehors d’un travail rémunéré est déjà une contribution positive au patrimoine comme à l’harmonie sociale.[1]
Jusqu'à plus ample informé, nous continuons donc à soutenir le projet initial d'Allocation Universelle sur lequel Marc de Basquiat avait soutenu une thèse avec succès, et qui inspire manifestement cette proposition de la FJJ:

mardi 31 janvier 2017

Le Projet Taxe sur l'Actif net commence à susciter la curiosité de plusieurs partis... Nous entrons dans les eaux dangereuses.

Le site web du Comité Bastille, sur lequel vous me lisez en ce moment, est ouvert au public. Il défend le Projet Taxe sur l'Actif Net (TAN) depuis 2010, avec des arguments qui se sont perfectionnés sans cesse grâce à beaucoup d'entre vous. Il a reçu le 31 Janvier sa cent millième visite depuis sa création, et la fréquence de ces visites - quatre mille par mois - a doublé en un an. Notre audience totale atteint 6 500 personnes, dont 2 300 lecteurs réguliers et 400 membres actifs. Ces chiffres aussi ont doublé ou triplé depuis Janvier 2016. Merci à tous! 
Ce projet de réforme fiscale est soutenu par deux partis politiques. Quelques éléments clés du Projet TAN ont été officiellement inscrits au programme d'un candidat aux élections présidentielles. D'autres sont en cours de discussion avec  un troisième parti politique. Un quatrième parti a inscrit à son programme une des mesures proposées. Deux experts du Ministère des Finances ont étudié le projet suffisamment pour pouvoir le soutenir activement, sans toutefois sortir de leur devoir de réserve.
Le Projet TAN est simple à énoncer mais complexe à analyser, et les critiques vont grandir avec la campagne électorale en cours. Nous en connaissons la plupart pour les avoir déja entendues depuis le début de nos travaux en 2006. Nous rappelons que les réponses aux plus courantes se trouvent sur http://www.comitebastille.org/2016/05/reponse-aux-plus-recentes-objections-au.html
Toutes ces discussions qui vont s'intensifier impliquent que, pour en être informés, vous acceptiez de respecter la confidentialité des échanges qui nous permet de respecter ce devoir de réserve des principaux décideurs et acteurs, tenant ainsi compte de leurs propres obligations envers leur administration ou leur parti. Si vous acceptez de jouer ce jeu, et si vous êtes membre actif, informez-nous de votre souhait à atc@comitebastille.org 
Vous serez mis sur la liste des Membres actifs qui sont informés de toute nouvelle information publiée sur un nouveau document: Le journal confidentiel de nos travaux et vous y donnant accès. 
Si vous n’êtes pas encore membre actif, rejoignez-nous muni de votre carte bleue sur https://www.helloasso.com/associations/comite-bastille/adhesions/adhesion-renouvellement-adhesion-membre-actif

Le Projet TAN, aussi appelé Impôt Progressif sur le Patrimoine Dormant (IPPD) pour la France et l'Europe, se résume ainsi:

mercredi 25 janvier 2017

Lettre de politique-fiction à Gérard Larcher, Président du Sénat.

Monsieur le Président du Sénat,

Vous venez comme moi d’apprendre la terrible nouvelle :
Un attentat terroriste d’une ampleur jamais vue a fait un millier de morts et des milliers de blessés à la Maison de la Radio à Paris, alors que tous les candidats déclarés à la présidentielle étaient présents dans l’enceinte à cause de la multiplication des interviews et des débats télévisés, ceci à une heure d’embouteillages sur l’Avenue Kennedy. Pour comble de malheur, François Hollande passait dans son voisinage en voiture avec chauffeur. Tous deux furent mortellement atteints…
Ainsi donc, le Président de la République et tous les candidats à sa fonction sont accidentellement décédés. Il en est de même, hélas, de beaucoup de journalistes et d’employés…
C’est le choc et la consternation en France, en Europe et dans le monde. Les condoléances officielles arrivent de partout.
Cependant, aucun membre du Gouvernement actuel, de chacune des deux chambres, ou de l’administration, n’a été victime. Malgré le désarroi du public, du moins la France continuera-t-elle à être gouvernée et administrée.
Mieux que quiconque vous connaissez la Constitution : Vous, Président du Sénat, êtes automatiquement Président par intérim de la République. 
En attendant l’organisation de nouvelles élections qui vont forcément prendre un certain temps, sinon un temps certain, vu l’état de commotion ou se trouvent toutes les équipes dirigeantes des partis politiques, vous convoquez au Sénat – pas le temps de coller à l’étiquette - le Premier Ministre Bernard Cazeneuve et tous les ministres qu’on réussit à joindre.

Vous êtes en tant que politicien un conservateur modéré et expérimenté, un ancien du RPR devenu UMP puis LR ; vous avez été Maire, Conseiller régional, Sénateur à 37 ans, deux fois Ministre… vous avez vos convictions politiques. Mais vous comptez rappeler tout de suite au gouvernement une fois rassemblé qu’elles ne vous influenceront pas.
Vous entendez appliquer la Constitution et rien d’autre.
Vous avez d’ailleurs demandé au Conseil Constitutionnel de détacher auprès de vous un juriste de haut niveau pour qu’il vous accompagne dans toutes décisions et puisse témoigner de votre respect minutieux du droit, ceci dans le contexte des traités européens.
Vous comptez donc recommander au gouvernement, dès qu’ils vous auront rejoint, d’expédier les affaires courantes en attendant les élections…
Avent même que les premiers arrivent, l’Autorité des Marchés Financiers vous alerte par SMS. Les taux d'emprunt offerts à la France pour le renouvellement de sa dette ont déjà réagi au drame : ils augmentent d’un quart de point, en attendant pire. L’air de rien, c’est 5 milliards de plus de service de la dette, et aucune décision n’a encore été prise. Les affaires courantes commencent bien…
Alors que vous entrez dans la salle de réunion, Jean-Yves Le Driant (Défense) vous alerte par texto : Jens Stoltenberg, Secrétaire général de l’OTAN, l’a relancé. Il attend la réponse de la France – le dossier était à l’Elysée - quant à la décision acceptée tout récemment par tous les membres de porter à 2% du PIB chaque budget de la défense, à la suite des pressions exercées par Donald Trump. Ce dernier est pressé de démontrer que, grâce à lui, les Américains vont enfin faire des économies de ce côté-là. Après l’attentat qui vient de se produire, ce n’est pas le moment de faiblir… Quand pourrons nous annoncer la date ou nous nous conformerons à ce chiffre ? Il y en aura pour près de deux milliards.
Il vous vient une idée alors que la salle de réunion se remplit et que Michel Sapin et Bernard Cazeneuve sont entrés.
« Mesdames et Messieurs du Gouvernement, leur dites-vous, oublions la politique politicienne. Je vous demande de me dire franchement et sans fioritures quels sont les problèmes les plus urgents auxquels chacun de vous est confronté. L’heure est grave. Inversons le protocole : Que les Secrétaires d’Etat prennent d’abord la parole à volonté. Ensuite les Ministres. Et Monsieur le Premier Ministre pourrait en tirer une synthèse. On essaye ?»
« Essayons, dirait Bernard Cazeneuve. Qui commence ? »
Apres un court silence, voilà ce que vous pourriez entendre :
Laurence Rossignol (Famille) : La fertilité et l’espérance de vie de notre population, qui étaient les meilleures en Europe, sont en baisse. C’est nouveau, et alarmant. Bien sûr nous n’aurions pas dû laisser chuter les allocations familiales ; mais cela n’explique pas tout…
Barbara Pompilii (Environnement) : Nous sommes à la traine en Europe dans la transition énergétique et dans l’agriculture bio, et nos nappes phréatiques sont menacées, manque de moyens…
Mathias Fekl (Affaires étrangères) : Le tourisme représente 7% de notre PIB et 2 millions d’emplois. Il est en baisse depuis deux ans. Et l’attentat d’hier ne va rien arranger.
Emmanuelle Cosse (Logement) : Nous ne construisons plus du tout assez de logements, notamment de HLMs, et les prix montent relativement au pouvoir d’achat malgré l’austérité.
Thierry Mandon (Education) : Nous sommes en retard avec le plan de revalorisation des chercheurs et enseignants, toujours faute de ressources. Ils sont plus nombreux à émigrer…
Ségolène Royal (Energie, Environnement) : Rien qu’en investissant sérieusement dans l’isolation et l’autarcie énergétique de notre parc immobilier, nous pourrions économiser 50 milliards d’importations de gaz et charbon. Mais il faudrait investir massivement, et où trouver l'argent?
Christian Eckert (Budget). Depuis 2012, les rentrées de TVA qui devraient normalement accompagner la croissance du PIB ont décroché. Elles ont légèrement chuté en 2013 et ont tout juste repris depuis. Sur une recette totale de 200 milliards, ça se sent vite…
Marisol Touraine (Santé) : En effet notre espérance de vie commence à chuter, mais nos dépenses de santé par tête continuent à augmenter. Une raison en est le vieillissement de la population combinée avec le progrès de la médecine, progrès qui coute de plus en plus cher… les déficits de la Sécu en témoignent.
Jean-Jacques Urvoas (Justice) : La justice craque de partout. Les retards s’accumulent sur tous les dossiers de litiges quels qu’ils soient. Les délinquants et criminels sont jugés de plus en plus tard, et nos prisons explosent.
Najat Vallaud-Belkacem (Education) : Nous subissons les effets d’une paupérisation de notre société en plus de ceux de l’austérité générale. Nous ne remplissons plus notre mission d’égalité des chances qui est essentielle à l’intégration. Nos budgets par élève et par enseignant sont nettement en dessous des chiffres allemands… Et nous commençons à manquer de vocations.
Jean-Marc Ayrault (Affaires Etrangères) : Soyons net. Nous devons impérativement accueillir décemment plus d’immigration tout en renforçant la sécurité. Etre plus sélectif, mais proactif, avec beaucoup plus de moyens. Je laisse Le Driant parler de la Défense…
Jean-Yves Le Driant : Merci. Notre situation est intenable. Le manque de moyens dans toutes les armes est tel que nous serons cette année incapables de remplir toutes les missions que nous demandera l’ONU, et qui s’imposent du fait de la montée mondiale de l’insécurité. Ce dernier attentat en témoigne. Il nous faut très vite, avec l’Allemagne et les anciens de l’UE plus si possible la Pologne et l’Espagne, mettre en place une vraie défense européenne à travers l’OTAN tout en prévoyant que les Etats Unis de Trump vont nous laisser tomber et que les Britanniques seront trop occupés par leur Brexit pour être moteurs. Nous en parlons déjà. Rien qu’un exemple : Mme Van Der Leyen, mon collègue allemand, me signale que seulement 10 des 48 Eurofighters de la Luftwaffe sont opérationnels faute de maintenance. De toute façon il faut s’attendre à cinq milliards d’augmentation de notre budget sur trois ans.
Stéphane Le Foll (Agriculture) : si on peut être franc, rien ne va plus. Crise de marché, crise climatique et crise sanitaire s’additionnent. Notre agriculture perd globalement 5 milliards d’euros par an. Nos petits agriculteurs se suicident. Nous tardons à réformer la profession que la Politique Agricole Commune et les modèles de financements disponibles enferment dans un modèle industriel périmé : nous consommons trop d’énergie, nous sommes le 3e consommateur de pesticides et herbicides au monde, mais nos parts de marché diminuent. L’Espagne, l’Italie et l’Allemagne notamment se convertissent au bio plus vite que nous...
Myriam El Khomri (Travail) : Vous savez que nous avons tenté une réforme du Code du Travail qui est indispensable mais s’est heurtée au mur du chômage. 49-3 ou pas 49-3, il faut absolument le réduire.
Bruno Le Roux (Intérieur) : Je suis encore trop nouveau pour appréhender tous les problèmes, mais je peux dire tout de suite qu’il faut revaloriser les forces de l’ordre et relancer l’ilotage, sinon les zones de non-droits grossiront encore. Or la sécurité nationale exige de les faire disparaître.
Michel Sapin (Finances) : Disons-le tout net: Nous avons réussi depuis 40 ans à nous financer largement par l’endettement à des taux très bas, parce que malgré tout nous sommes un pays riche, et que la valeur de notre patrimoine a grandi plus vite que notre PIB. Mais nos entreprises privées, PME et autres, et nos classes moyennes, supportent les charges fiscales et sociales les plus fortes de l’UE, n’embauchent et n’investissent plus. Franchement nous ne pouvons plus continuer. Mais remarquez que c'est partout plus ou moins pareil. Le monde développé, Amérique comprise, voit grandir la pression fiscale, la dette et les déficits ; aux USA toutes les infrastructures sont hors d'usage ou proches ; en Europe la SNCF et la Deutsche Bahn n'investissent plus (souvenez-vous de Brétigny) : les échanges entre la France et l’Italie sont étranglés par des liaisons archaïques ; les flics et les profs sont écœurés ;  la Défense lance des avertissements répétés ; par contre le réchauffement climatique est en avance… Il me semble que nous ne pouvons plus retarder une profonde réforme fiscale.
Bernard Cazeneuve (Premier Ministre) : Je suis sûr, mon cher Président, que tout cela ne vous apprend pas grand-chose. Il est vrai que sans attendre les élections nous pourrions faire beaucoup plus que gérer les affaires courantes. Puisque la force des choses vous parachute à la tête de l’Etat, peut-être pourrions-nous profiter de votre audience politique à droite pour demander à tous nos Députés qui soutiennent la République laïque telle que notre Constitution la conçoit de laisser au vestiaire les querelles partisanes pendant votre intérim ? Cette même force des choses aura certainement le même effet sur nos élus de la Gauche et des Verts ? On pourrait alors commencer – commencer seulement - à attaquer nos problèmes par leurs racines ?

J’imagine ainsi votre réponse, et l’échange qui suivrait :

J’adopte aussitôt, diriez-vous, votre idée que cette période d’intérim nous libère, moi y compris, des contraintes partisanes. Constitution d’abord !
Je prends acte de ce que les membres de ce gouvernement ont chacun exposé un aspect d’un problème général de ressources, que Michel Sapin a résumé : C’est donc un problème fiscal au sens large.
Nous savons tous qu’une forte relance de l’activité par l’investissement entraînerait à la fois une création d’emplois et une augmentation correspondante de ces ressources, n’est-ce pas ?
Jean-Marc Ayrault : Nos amis de Bruxelles eux-mêmes ont dit qu’une telle relance n’est possible que par l’investissement à très long terme dans les infrastructures, les moyens humains et de recherche qui aideront les activités d’avenir. C’est ce que le Plan Juncker tente d’engager, mais avec des moyens insuffisants.
Michel Sapin : Ce n’est pas seulement les Français qui sont en chômage. C’est aussi leur épargne : environ mille cinq cent milliards qui dorment, ne rapportant rien ou presque dans les comptes courants, les plans d’épargne et les instruments à moins de trois mois ; nous savons que ce matelas sert en théorie de garantie souveraine aux investissements pilotés par la Caisse des Dépôts et autres institutions, mais les impératifs de contrôle du déficit et de la dette imposent un plafond bas à la mobilisation de tels investissements.
Et vous de dire : Mesdames et Messieurs, je dois tout de même considérer que vous représentez une gauche qui a perdu beaucoup de crédibilité et qui est en ce moment minoritaire en France. Je vais tenter de pousser ce projet de gouvernement d’union, mais allez-vous enfin virer votre cuti vis-à-vis de l’entreprise ? Allez-vous cesser de confondre dans votre dogme l’entreprise personne morale, l’entrepreneur personne physique, et l’actionnaire, le tout confondu sous le tampon péjoratif de ‘capitaliste’ ?
Les réponses fuseront très vite : Touché, Monsieur le Président, on va y veiller, diront deux ministres ensemble. Vous, de votre côté, convaincrez-vous vos amis de cesser d’assimiler les salariés à des coûts toujours trop élevés, les syndicats à des lobbies maffieux, les chômeurs à des profiteurs, et les fonctionnaires à des sangsues ?
Vous tenterez de dire que peut-être pouvons-nous faire chacun quelques pas… vous serez interrompu par une voix plus jeune : Excusez-moi, Monsieur le Président ! Allez-vous, les uns comme les autres, poursuivre un modèle productiviste qui considère les ressources naturelles comme gratuites et inépuisables, qui prend le changement climatique avec fatalisme, qui détruit les écosystèmes et continue à aggraver les effets de serre, qui entasse des effluents toxiques, produit des principes actifs de toutes sortes qui endommagent notre santé mais que justifient quelques grands groupes armés de lobbyistes et d’avocats, additionnant médicament sur agent polluant sur réglementation et réglementation sur agent polluant sur médicament…

Vous appellerez tout le monde au calme :
Cela fait presque quarante ans que j’entends tout cela.
Ce que moi je peux vous dire, c’est que malgré tout la France reste un des pays les plus prospères du monde face à ces problèmes qui sont non pas français mais mondiaux.
Il y a autre chose, de spécifique à notre pays, qui fait que comme par fatalité nous sommes incapables, ou au moins poussifs, quand il faut nous réformer pour mieux faire face ; alors que des pays européens semblent chaque fois réagir moins mal que nous. Ce quelque chose n’est pas trop de fonctionnaires ou d’impôts, les Scandinaves en ont et en payent autant que nous. Ce n’est pas trop d’Europe car d’autres européens arrivent à fonctionner moins mal que nous dans cette même Europe. Ce quelque chose me semble échapper aux analyses suivant vos différents modèles, ou même idéologies. Il faudrait trouver …
Excusez-moi, Monsieur le Président, dira timidement une voix jeune. Il faudrait un nouveau paradigme fiscal. 
Vous l’avez dit : Les autres ne font pas mieux mais seulement moins mal que nous. Parce qu’ils souffrent du même mal, mais moins que nous. Et ce mal, nous pouvons l’identifier non pas avec de l’imagination, mais avec plus de recul dans notre histoire fiscale. Nous pourrions alors être les premiers à le résoudre et prendre de l'avance en même temps comme quand nous avons inventé la TVA. Nous pourrions…

Et c’est alors que je me suis réveillé. 
Avais-je rêvé ? J’ai vite regardé mon laptop. Oui ! L’attentat n’avait pas eu lieu. Les mille morts que je déplorais sont bien vivants, y compris tous les candidats. Ouf ! 
Car je ne leur veux que du bien, bien sûr, et vous aussi, Monsieur le Président, n’est-ce pas ? 
Je dois vous demander pardon : Je suis vraiment confus de vous avoir dérangé, et, pire encore, d’avoir mis dans votre bouche des paroles qui n’étaient pas les vôtres. Tout ce dialogue, je l’ai rêvé, c’est tout.

Par contre le paradigme dont j’allais vous parler existe, bien entendu. Si vous êtes curieux et avez cinq minutes, vous le trouverez en cliquant sur http://www.comitebastille.org/p/blog-page_2362.html

Très respectueusement,

André Teissier du Cros