mercredi 13 décembre 2017

Le Syndrome du Titanic: Comment nous fermons les yeux sur la question nucléaire aujourd'hui, et sur notre incapacité à éviter les icebergs que nous avons créés nous-mêmes


Médiapart entretient un dossier inquiétant sur l'avenir du nucléaire en France et dans le monde, voir pour entrer dans ce dossier par exemple https://blogs.mediapart.fr/edition/nucleairelenjeu-en-vaut-il-la-chandelle-pour-lhumanite/article/171117/le-tour-de-passe-passe-du-nucleaire
Bien entendu Médiapart, comme tous les médias lanceurs d'alerte et dénonciateurs de scandales, est controversé. Mais pour notre part, nous avons expliqué il y a plus de trois ans pourquoi la sortie du  nucléaire nous semble inévitable à long terme, voir http://www.comitebastille.org/2014/03/nucleaire-gaz-de-schiste-et-autres.html Il est intéressant de les revisiter car ils sont un exemple parmi mille du Syndrome du Titanic dont je veux vous parler aujourd'hui.
Le navire réputé incoulable...
Le 15 avril 1912 ce paquebot, le plus grand du monde d'alors, a heurté un iceberg pendant son voyage inaugural. Il coula en quatre heures. Des 2 220 occupants, seulement 720 ont survécu parce qu'un tel accident était supposé impossible, donc l'équipement et les procédures du navire n'y étaient pas préparées. Le drame fut vécu comme une catastrophe particulièrement dramatique dans un monde qui ignorait que, entre 1914 et 1950, cent millions d'humains de toutes conditions allaient mourir violemment. Ce navire était réputé incoulable! L'évènement est resté le symbole de l'aveuglement des entrepreneurs, financiers et ingénieurs face aux risques prévisibles provoqués par leurs méga-entreprises. Pourtant depuis 1912 leur échelle a tellement explosé que le Titanic nous semble maintenant un aimable jouet.


...devint le symbole de l'aveuglement induit
par le gigantisme financier et technologique, 

et par la perception d'impunité.
Quels sont les icebergs d'aujourd'hui, vers lesquels une machine réelle ou virtuelle est en train de nous précipiter? 
Survolons-en les ingrédients.
La croissance de l'espérance de vie s'essouffle en France.  Aussi aux Etats Unis, et ailleurs. Depuis 250 ans, notre espérance de vie augmentait de trois mois chaque année qui passait, en raison de l’amélioration du niveau de vie, des progrès de la médecine, de la baisse de la mortalité infantile, le tout compensant la baisse de la natalité. C'est fini. Nous sommes contraints d’économiser sur les dépenses de santé par tête, d’éducation et de justice, parce que les populations vieillissent et que trop des plus jeunes sont en chômage ou en sous-emploi précaire. Et la mortalité infantile est déjà au plus bas.
Oui, la croissance repart en Europe. L'économie francaise a créé plus de 100 000 emplois  pendant les six premiers mois de 2017. Mais ce n'est pas du tout assez pour réduire le chômage qui frappe toujours trois millions et demi de nos concitoyens, voir http://www.journaldunet.com/management/conjoncture/1038148-chomage/  Plus de PIB ne veut plus dire plus d'emplois.
Une crise financière plus lourde que celle de 2008 est annoncée par plusieurs institutions, pour 2018-2020. Les causes en seront multiples, et mondiales: 
Document WID publié par l'Obs, 14 Décembre

  • Le retour des banques centrales à des taux de base "normaux" après des années d'assouplissement quantitatif (ce que nous avons appelé l’Étalon-Dette, voir http://www.comitebastille.org/2017/09/la-crise-de-notre-temps-dette.html)  durant lesquelles l'activité économique a été soutenue par un accroissement de la dette mondiale jamais connu jusqu'alors; 
  • Des "bulles" d'augmentation des prix d'actifs divers (immobiliers dans certains pays, financiers un peu partout...) soutenues par le coût trop faible de cette dette du fait de ces taux de base quasi-nuls, certains de ces prix d'actifs devenant totalement irréalistes; 
  • A la vitesse à laquelle progresse la consommation mondiale d'énergie, il est illusoire que les énergies vertes réussissent assez vite à remplacer les énergies fossiles et nucléaires et à sauver le climat.
  • L'accroissement persistant des inégalités de patrimoines et de revenus, entretenu par les vices de l’Impôt sur le Revenu et l'oligopole bancaire imposant encore plus de financiarisation et titrisation de l'économie, source de tensions sociales et de plus encore de pertes de confiance dans les institutions et dirigeants;
  • La montée du populisme, qui entraîne une perte de légitimité pour divers gouvernements à commencer par les Etats Unis; 
  • Le très haut niveau de la dette de certains pays, voir http://www.businessinsider.fr/voici-les-23-pays-ratio-dette-sur-pib-les-plus-eleves/, notamment Chine (sa dette totale frise les 300% du PIB), Japon (ou le vieillissement de la population aggrave ce risque), Italie (le plus gros facteur de risque dans l'UE), Grèce, Portugal, Singapour; 
  • Des risques de guerres capables de déstabiliser les grands équilibres mondiaux, par exemple en mer de Chine et toujours au Moyen-Orient; 
  • Plusieurs accidents nucléaires du genre Tchernobyl et Fukushima sont possibles d'ici la fin du siècle;
  • L'accélération plus rapide que prévue de la détérioration écologique (changement climatique, fonte des glaces polaires et du permafrost pouvant libérer des milliards de bactéries et virus, destruction d'écosystèmes...) qui incite plus fortement les migrations de population;
  • Des excès persistants dans les déséquilibres de balances commerciales et des paiements, de taux d'épargne sur investissements, de mouvements de capitaux... rendant instables les marchés financiers;
  • La difficulté croissante pour les banques centrales à piloter très serré entre le risque de déflation et l'emballement de la dette; 
  • Le Brexit dont l'issue finale est gravement incertaine, avec des retombées aggravant les risques d'instabilité financière déjà mentionnés; 
  • Le tout faisant peser un risque général sur la capacité des institutions financières à soutenir l'immense masse des revenus fixes permanents tels qu’intérêts distribués par le marché obligataire aussi bien que pensions payées par les divers fonds et assurances. Y compris votre retraite et la mienne. Cette capacité étant ce qui protège le monde d'une grande dépression du genre 1929-39.

"Soit!" direz-vous, "tout cela est certes alarmant mais quoi de nouveau sous le soleil? Des années d'austérité nous ont habitués aux replâtrages politiques divers dans un contexte d'endettement croissant. En quoi tout cela constituerait-il le méga-iceberg menaçant l'humanité à un horizon quelconque, comme l'iceberg bien réel sur l'horizon qui menaçait le Titanic à échéance de quelques heures?"
Nous y voici.
Il y a dix ans, l'ONU prévoyait un plafonnement
de la population mondiale vers 2100.
Il va se produire bien plus tôt...
Le Comité Bastille est un groupe de réflexion (think tank en français) qui suit depuis 2006 les prévisions d'institutions internationales (ONU, FMI, Banque Mondiale, etc.) sur la population de la planète. En 2008 on prévoyait (voir graphique) un chiffre de 7,5 milliards en 2015, et un plafonnement général vers 9 à 10 milliards en 2100. Ces chiffres sont déjà faux: Nous en sommes seulement à 7,3 milliards en 2017. Bonne nouvelle, diriez-vous? Attendez.
La méthode employée par ces institutions est l'extrapolation de tendances, fondée sur le principe que la tendance passée se maintiendra parce que l'environnement la conditionnant ne changera pas significativement. Cette méthode "toutes-choses-égales-par-ailleurs" est fausse, parce qu'il change, à preuve ici cette différence observée entre 7,5 milliards/2015 et 7,3 milliards/2017. Donc, on pratique une remise à jour périodique. Et nous savons donc déjà que ce n'est pas en 2100 que notre population va plafonner, c'est bien plus tôt. Car notre environnement change bien plus brutalement, surtout depuis 2008. 
Or l'iceberg qu'on peut voir poindre à l'horizon, c'est ce plafonnement. Car alors dans le meilleur des cas le monde en sera où le Japon en est aujourd'hui. Mais un Japon où aucune compensation par le commerce extérieur et l'immigration ne viendra remédier à la diminution absolue de population, donc de PIB, de recettes fiscales, de charges sociales, etc., compliquée par un endettement encore accru et un vieillissement général. Parce que ce n'est pas pendant le 21e siècle que nous engagerons des relations commerciales avec une autre planète. 
Et plus nous approcherons de cet iceberg, moins nos Etats et nos sociétés ne seront gouvernables par les politiques, scénarios et procédures dont nos élus ont la pratique. Déjà aujourd'hui nous constatons qu'elles ne constituent qu'un replâtrage de plus en plus court-termiste. Le monde qui s'annonce avec cet iceberg est terra incognita pour toutes nos institutions dans tous nos pays.
Et cela va s'aggraver pour toutes les raisons citées, plus les retombées imprévues... Une guerre nucléaire? Depuis 1989, on n'y croyait plus. Depuis que Donald Trump et Kim Jung-Un jouent à se faire peur cela redevient possible. Un déroutement du Gulf stream? Il s’essouffle déjà, et pourrait provoquer un refroidissement brutal du continent européen. Une épidémie mondiale causée par un virus surprise au comportement inconnu? On en a eu des avants-goûts. 
Un affaiblissement ou même un déroutement
du Gulf Stream, un imprévu qui devient prévisible.

Alors que faire dès maintenant? Commencer à changer cet environnement institutionnel bien sûr. Une chose est certaine: La tache pour ce faire est gigantesque et passe de toute façon par des investissements à très long terme. Le modèle fiscal mondial continue à empêcher ces investissements. En France seulement l’Impôt sur le Revenu continue à justifier le détournement chaque année de 60 à 80 milliards de recettes fiscales vers les paradis fiscaux.  Notre gouvernement commence à en prendre conscience et parle d'une priorité de l'investissement dans la croissance verte. Mais tant qu'on persistera à ignorer le lien fatal entre impôts sur les revenus d'une part, investissement à très long terme d'une autre part, et financiarisation légalisant la fraude par ailleurs, nous continuerons notre course vers l'iceberg.
Ceci dit il y a une différence entre le Titanic en 1912 et les gouvernements de la planète aujourd'hui. 
Sur la passerelle du Titanic, il y avait un capitaine, des officiers, un barreur et un ingénieur donnant des instructions à la salle des machines. Le capitaine avait donné juste trop tard les ordres de baisser la vitesse et de mettre la barre à tribord, qui furent diligemment exécutés, car l'autorité comme les procédures étaient légitimes. Résultat: La coque du navire ne vint qu'effleurer l'iceberg, qui la déchira silencieusement sur une grande longueur. Un choc si peu perceptible que la plupart des passagers ne s'en rendirent pas compte. Quelques heures plus tard, il n'y avait plus trace sur l'horizon de ce navire de cinquante mille tonnes.
Notre problème est tout autre. Notre navire a besoin de nouvelles procédures permettant que des décisions pour éviter l'iceberg, qui sont d'une échelle planétaire, redeviennent légitimes, parce que ces procédures s'accompagneront d'un nouveau contexte juridique et fiscal dans lequel le crime ne paye plus, et redevient dangereux. Nous l'avons expliqué sur http://www.comitebastille.org/2017/09/le-projet-tan-rendra-la-fraude-fiscale.html. Et comme dit Michel Barnier dans le contexte du Brexit, la pendule fait tic-tac...


André Teissier du Cros

lundi 13 novembre 2017

Ce que nous écrivions en 2014 sur Patrick Drahi et sa firme Altice... La mise à jour n'est pas triste!

En Mars 2014, nous écrivions:

Comment Patrick Drahi compte t’il financer le rachat de SFR ? Grâce à vous, bien sur ! Sauf si le Projet Taxe sur l'Actif Net (TAN) était en place…

C’est vous, en tant que contribuable et en tant qu’utilisateur de votre portable, qui contribuerez suffisamment au rachat de SFR par Numéricable pour le rendre viable. Souvenez vous que les marges sur les tarifs sont élevées, ce qui fut précisément la raison pour laquelle Free puis Numéricable sont entrés sur ce marché. C’est aussi les salariés des entreprises en question, quand ils seront licenciés pour augmenter la marge brute et sécuriser cette dette. 
Depuis, ils ont été licenciés... et la qualité du service dans la téléphonie est toujours aussi déplorable.
Voici les faits. Wikipedia : Patrick Drahi est un homme d'affaires israélien, polytechnicien et ENS-Telecom de formation, né au Maroc en 1963 et résidant en Suisse. Il est le président-fondateur de la holding luxembourgeoise Altice, une multinationale spécialisée dans les télécommunications et les réseaux câblés, cotée à la bourse d'Amsterdam et contrôlée par l'intermédiaire d'une société écran basée à Guernesey. Altice est le principal actionnaire de l'opérateur français Numéricable. Selon le magazine Forbes, Patrick Drahi serait (en 2014) la 215e fortune mondiale avec un patrimoine (actif net) évalué à 6,3 milliards de dollars. 
Selon Forbes aujourd'hui, sa fortune a évolué de 6,3 milliards à 16 milliards en Mars 2015, puis à 5,9 milliards en Mars 2016, enfin à 13 milliards en Mars 2017 avec tendance à la baisse.
Il a fait fortune en France, puis à l'étranger grâce, à partir de 1993, à une technique particulière de gestion d'investissements qui consiste à être à la fois un fonds d'investissement et le manager des entreprises achetées par ce fonds. Dès 2003, il mise tout sur le secteur du câble et détient vite 99 % des réseaux câblés de France. En 2009-13 ses dernières acquisitions sont dans les TOM.  En 2013 il a introduit en bourse Numéricable, puis son fonds d’investissement, Altice, entré à la bourse d’Amsterdam en levant un peu moins de 1,5 milliards sur ce marché.
Bravo ! Mais comment une croissance aussi fulgurante est elle possible ? 

mercredi 11 octobre 2017

Financial Times, 6 Oct. – Réponse ouverte à/Open answer to Wolfgang Schäuble.

Cher Monsieur Schäuble / Dear Sir,

C’est très respectueusement que je m’adresse à vous : Je connais depuis longtemps votre intégrité, votre compétence, et votre expérience ; vous portez de façon exemplaire les principes et les valeurs qui fondent la compétitivité allemande depuis 1949 ; et vous garderez une grande autorité en Allemagne alors qu’elle est contrainte à jouer un rôle de leader en Europe qu’elle ne souhaite pas du tout depuis trois générations.

As I write these lines, it is in a spirit of highest respect for your integrity, your competence and your experience, considering how you have upheld the values and principles which are since 1949 the real roots of German competitiveness; and the authority you will keep as Germany is forced to play the leading role in Europe, which she emphatically didn’t wish for three generations.

Vous avez très clairement expliqué, dans le Financial Times du 6 Octobre, que les pays de la Zone Euro de l’Union Européenne et plusieurs autres pays risquent de déclencher une nouvelle crise financière, plus grave que celle de 2008, parce qu’ils trainent encore à comprendre et appliquer quelques principes simples : Equilibre budgétaire, et réduction de la dette publique au niveau recommandé par l’Accord de Maastricht, qui permettraient enfin d’étouffer dans l’œuf les futures « bulles » du prix des actifs, entretenues par un excès de liquidités et par un taux de base des banques centrales nul ou quasi-nul.

You explained very clearly in the Financial Times of October 6 that the nations participating in the EU’s Euro Zone and several others are at high risk of triggering a new financial crisis, more severe than the one of 2008, because they still fail to understand and apply a few simple principles: A balanced budget, and indebtedness reduced to the level recommended by the Maastricht Agreement, which would finally choke the roots of future “bubbles” of asset prices, presently stimulated by an excess of money supply and central banks’ base rates down to zero, or close to.

Tout ce que vous dites dans cet article est exact. Mais permettez-moi de dire en quoi vous ne dites pas tout.

Everything you say in this paper is true. But allow me to state what is missing in your presentation.

samedi 30 septembre 2017

La crise de notre temps (dette croissante imposant chômage, austérité et panne des investissements mettant en danger la nature) est née d’un système monétaire dont personne ne voulait : L’Etalon-Dette.

Deux grandes théories s’affrontent sur la nature de la monnaie depuis la naissance de la société marchande en coûtant beaucoup de salive, d’encre et de papier. Elles furent toutes les deux défendables, mais elles sont dépassées. Tous les systèmes monétaires depuis 1944 (Étalon-Or de change, monnaies de réserve, Système Monétaire Européen, Traité de Maastricht…) sont désuets. Nous vivons sans l’avoir jamais décidé à l’Age de l’Étalon-Dette. Nous expliquons ici pourquoi il est extrêmement dangereux. Pour en sortir, il faut un accord international fondant un nouveau système monétaire : Un nouveau Bretton-Woods (1944). Et il est envisageable aujourd'hui.
La théorie aristotélicienne : La monnaie doit toujours avoir une valeur objective, c’est-à-dire hors d’atteinte des pattes sales des gouvernements, financiers et autres décideurs, parce qu'immédiatement convertible à un taux fixe en une denrée d’usage et de valeur universellement reconnue, et physiquement inerte, afin qu’elle ne se dégrade pas avec le temps. L’or fut le plus souvent cette référence… et reste très présent.
La monnaie indexée sur l’or à parité fixe a régné de 1815 à 1914 au point que Jules Verne, dans ses fameux romans, n’hésitait pas à y citer ces cours gravés dans le granit : Une once d’or valait 20 Dollars, 4 livres sterlings, et 100 Francs. Un système qui avait ses avantages : Avec quelques pièces d’or on pouvait faire le tour du monde (peut-être pas toujours en quatre-vingt jours…) et acheter n’importe quelle marchandise ou service.
La théorie platonicienne : La monnaie est par nature fiduciaire, c’est-à-dire fondée sur la confiance de fait que lui accordent les acheteurs, vendeurs, salariés et investisseurs. Il est facile de le démontrer : Imaginez Robinson Crusoé dans son ile déserte découvrant une tonne de pépites d’or natif: elle ne lui servira à rien. Sa rencontre avec Vendredi, l’indigène de passage, n’y changera rien. Par contre si Vendredi lui dit : Tu ne le sais pas, mais moi je sais que notre île fait partie d’un archipel. A une journée de pirogue il y a un comptoir portugais, et avec cet or on va pouvoir leur faire faire des tas de choses, etc., cet or prend une valeur au moment même où Vendredi a divulgué une information et où Robinson lui fait confiance. Valeur négative d’abord, parce qu’il faudra partager l’or avec Vendredi, et qu’il faudra d’abord dépenser quelques pépites pour faire venir l’équipement et les esclaves pour convertir cet or en lingots assez purs pour être présentables…
Donc la réponse de Platon serait que la valeur en soi de cet or n’a rien d’objectif : Elle nous ramène toujours à la confiance qu’une population suffisamment importante, aux pratiques déjà marchandes, lui accordera. Le négociant en ferraille dira à Robinson : 

dimanche 10 septembre 2017

Le Projet TAN rendra la fraude fiscale si dangereuse qu'aucun professionnel ne se risquera plus à y collaborer.

L’avantage du Projet Taxe sur l’Actif Net (TAN, voir http://www.comitebastille.org/2015/03/le-projet-taxe-sur-lactif-net-entre.html) qui est le plus important et en même temps le plus controversé depuis le début de nos travaux en 2006, est qu’avec lui la fraude deviendra extrêmement dangereuse. Le crime ne payera plus.
Nous escomptons même que, après quelques années, l’on ne trouvera plus dans les pays ayant adopté notre projet aucun expert-comptable, banquier, avocat fiscaliste ou notaire qui se risquerait à conseiller son client dans cette tentative, et que même dans un paradis fiscal les professionnels, y compris les fameux Overseas Financial Services, prendront de plus en plus leurs distances quand ils seront sollicités.

Rappelons d’abord pourquoi le Projet TAN sera forcément appliqué un jour : 
Il vous suffit de visiter la situation à mi-2017 du contrôle budgétaire de l’Etat français à http://proxy-pubminefi.diffusion.finances.gouv.fr/pub/document/18/22660.pdf pour vous en rendre compte. Vous y verrez que nos dépenses progressent plus vite que nos recettes, et que nous continuons à ne pas maitriser notre déficit. Ceci tandis que tous nos budgets régaliens (éducation, santé, défense, sécurité, justice…) craquent de partout (voir ma lettre à Gérard Larcher Président du Sénat à http://www.comitebastille.org/2017/01/lettre-de-politique-fiction-gerard.html ), et que le service (capital et intérêts) de notre dette publique risque encore de s’alourdir (voyez la prochaine crise financière qui s’annonce, http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/07/08/les-germes-de-la-prochaine-crise_5157671_3234.html). Une réforme fiscale radicale qui nous fasse sortir du carcan de l’austérité imposée est donc inévitable[i]. Et le Projet TAN est le seul qui le rend possible.[ii]

jeudi 7 septembre 2017

Présentation du Comité d’Action pour la Démocratie en Europe (CADE) - Introduction of The Action Committee for Democracy in Europe (CADE)

Puissance Europe/Weltmacht Europa, réseau transnational d’initiatives
(http://manifeste-continental.eu), et le Comité Bastille
(http://www.comitebastille.org/), qui milite pour une réforme de la fiscalité et du droit des sociétés dans l’Union européenne, s’engagent dans une action pour la démocratie en Europe.

Puissance Europe/Weltmacht Europa, a transnational initiative network
(http://manifeste-continental.eu), and the Bastille Committee
(http://www.comitebastille.org/), campaigning for a tax reform and a corporate law reform in the EU, are to engage in an Action for Democracy in Europe.

Dans l’Union européenne, et plus encore dans la zone euro, la démocratie est menacée par l’impuissance des Etats membres face aux problèmes qu’ils ne peuvent plus résoudre chacun pour son compte, et par l’inefficacité des institutions communes, dont la gouvernance est confisquée par le Conseil européen, où les gouvernements poursuivent leurs intérêts particuliers, et par l’Eurogroupe, qui polarise la divergence entre créanciers et débiteurs.

In the EU, and even more in the Eurozone, democracy is threatened by the powerlessness of member states facing problems that they can no longer solve individually, and by the inefficiency of common institutions, whose governance has been confiscated by the European Council, where governments are pursuing their particular interests, and by the Eurogroup, who polarizes the divergence between creditors and debtors.

mardi 1 août 2017

Chronique d’Uber, une faillite potentielle aux relents de scandale que le Projet Taxe sur l’Actif Net (TAN) aurait retourné comme un gant à l’avantage des fournisseurs comme des actionnaires

Uber est devenu le modèle de nombreuses start-ups rêvant de devenir une autre GAFA[i]. Son nom a même donné naissance à quelques néologismes : « ubériser » ou « ubérisation », phénomène lié aux nouvelles technologies qui consiste, de manière quasi instantanée, à mettre en relation directe professionnels et clients à un coût de revient très réduit et ce en allégeant à l’extrême les formalités pour les usagers. Principe de l’économie collaborative, mais aussi de la précarisation du travail.
Uber est devenu un acteur majeur du monde technologique, valorisé aujourd’hui à près de 70 milliards de dollars, mais toujours pas introduit en bourse. L’entreprise n’a donc aucune obligation de rendre ses comptes publics.
Bloomberg a pu analyser les documents remis aux investisseurs. L’EBE (excédent brut d’exploitation), pour alléger cette présentation de termes comptables rébarbatifs, était négatif à hauteur de 520 millions de dollars au 1er trimestre 2016. Au second trimestre, il s’est encore amplifié pour atteindre 750 millions de dollars. En un semestre, les pertes du groupe s’élèvent ainsi au moins à 1.27 milliards de dollars pour un chiffre d’affaires d’environ 2.1 milliards de dollars, soit une rentabilité de – 57 % !

Au dernier trimestre 2016, Uber a même perdu 100 millions de dollars sur le seul marché des Etats-Unis habituellement rentable. Depuis son lancement en 2009, Uber a donc accumulé plus de 4 milliards de dollars de pertes.
Afin d’établir un parallèle avec les autres grands noms du web en forte croissance qui réalisent aussi des pertes, compréhensibles à ce stade de développement, mais d’une ampleur bien moindre, reconsidérons les estimations des chiffres de 2015 :
  • Airbnb ferait 900 millions $ de CA et 150 millions $ de pertes, soit -16,7%
  • Twitter réalise 2,2 milliards $ de CA et 521 millions $ de pertes, soit -26%
  • Tesla réalise 4 milliards $ de CA et 888 millions $ de pertes, soit -22,5%
  • Uber ferait 1,5 milliards $ de CA et … 2 milliards $ de pertes, soit -133% !

vendredi 7 juillet 2017

Pourquoi le Projet Taxe sur l’Actif Net (TAN) renversera la fuite des capitaux.

Le Projet TAN attirera les capitaux en France au lieu de les faire fuir, parce qu’il abolit à terme tout Impôt sur le Revenu (IR)[1], et rend attractifs pour l’épargne française cent milliards par an d’investissements en Fonds Permanents directs dans la transition verte de notre économie, dont les marchés et emplois créés seront d’abord domestiques.

Quand on parle de fuite des capitaux, on prononce un diagnostic fortement chargé émotionnellement. Que veut-on dire au juste ?
·         On veut dire que des contribuables propriétaires de biens, de titres divers de propriété (actions et parts cotées en bourse ou non-cotées) choisissent une résidence fiscale hors de France ;
·         Qu’ils vendent leurs biens en France, et investissent le produit de cette vente à l’étranger, soit de façon directe (rachat d’une entreprise étrangère) soit sous forme de biens (une maison en Belgique…), soit d’instruments financiers (actions et obligations cotées) ;
·         Qu’ils transfèrent le contrôle de tous leurs instruments financiers vers des entités dont ils ont le contrôle, dont le siège fiscal est dans un pays fiscalement favorable.
·         On veut dire aussi que des entrepreneurs français actuels ou potentiels (start-ups) émigrent pour réaliser ailleurs leurs projets de créations d’entreprises, parfois innovantes, et pour être taxés suivant le code fiscal du pays d’accueil.

vendredi 23 juin 2017

Les jeunes Européens votent à gauche, et pour l'Europe qui accepte mais inclut les différences. C'est là qu'ils trouvent à rêver et à espérer.

Les jeunes vont-ils réinventer la roue et répéter certaines erreurs du passé comme en Mai 68, ou au contraire remonter aux sources de l'Europe, celle de la même loi pour tous, tout en incluant l'Autre (inclusion additive) ? Celle des différences qu’on vit ensemble au lieu des affrontements dogmatiques ?

Jeremy Corbyn, le dinosaure de l’Étatisme 
et des nationalisations,
fait un tabac chez les jeunes britanniques.


Des jeunes européens polyglottes et voyageurs, les Français comme les autres.
C’est ce que propose Bernard Barthalay, Président de Puissance Europe, dans  son blog sur World Government Research Network, voir http://wgresearch.org/macron-brand-stand/.  Ce papier s’adresse aux jeunes Européens polyglottes et voyageurs, qui apprennent en allant parler à l’autre chez lui au lieu d’étudier dans les textes publiquement accessibles. Il est donc en anglais. Je le résume et le commente.
En Grande Bretagne, Agnès Catherine-Poirier (Marianne, 17 Juin) écrit que 70% des jeunes de 18 à 25 ans ont voté le 8 Juin, et ils ont voté pour Jeremy Corbyn, travailliste, que les médias décrivent comme un dinosaure socialiste de Grand-papa.
Jean-Luc Mélenchon a mieux tiré son épingle 
du jeu électoral que le reste de la gauche. 
Les jeunes y sont pour beaucoup.

Jean-Luc Mélenchon, que beaucoup décrivent comme le revenant du Marxisme soit pré-Lénine, soit révisé par Spinoza comme le propose Frédéric Lordon, a fortement séduit les jeunes.
Bien sûr, ce sont des utopistes ! Mais attention: Le modèle socio-économique dominant en Europe comme en Amérique est arrivé à combiner l'austérité, le chômage, la croissance fatale des inégalités, l'aliénation qui va avec, le refus de l'étranger mais la tolérance de la corruption planétaire, le tout marqué de l'estampille de Maggie Thatcher garantissant qu'il n'y a pas d'alternative. Et surtout pas celle qui vous donnerait les raisons de rêver et d'espérer. Nous croyons que l’utopie, aujourd’hui, c’est de croire que ce modèle peut survivre longtemps.

lundi 5 juin 2017

On this 73rd anniversary of the Normandy landing, it seems to be time to reinvent the Free World.

Cette page s’adressant à notre audience européenne est exceptionnellement en anglais.  

An independent NATO could replace the US as supreme guarantor of peace. 

The EU could become the Tax Haven for business and entrepreneurs only, thus financing NATO with recovered proceeds of tax evasion, and setting free the Very Long Term Investments (30-100 Yr.) palliating climate change, threats on ecosystems, cyberterrorism and psycho-warfare.

In June 2016, the people of the United Kingdom (UK) have voted to let their government negotiate Brexit, i. e. Britain exit from the European Union (EU). Formal negotiations are about to begin. Within two years, probably a bit more, the UK will no more be a member of the EU. Unless Euripides’ Law[i] plays some tricks.
Within the UK, the people of Ireland and Northern Ireland are the first to face unforeseen and critical consequences: Will the Good Friday Agreement (1998) become obsolete? With this agreement, the EU managed erasing the border artificially separating them. This formally ended a state of conflict punctuated by war and terrorism which, in practice, prevailed since Elizabeth the First… It means that the Irish people have a case to finally unite, and stay in the EU where they already belong, while keeping with the UK any trade and other agreements. A similar request from Scotland will probably follow. The scenario now in progress could end with the termination of a three-centuries-old union of kingdoms which, formally, never ceased to consider themselves as sovereign nations. Probable? No. But no more impossible.