mercredi 11 octobre 2017

Financial Times, 6 Oct. – Réponse ouverte à/Open answer to Wolfgang Schäuble.

Cher Monsieur Schäuble / Dear Sir,

C’est très respectueusement que je m’adresse à vous : Je connais depuis longtemps votre intégrité, votre compétence, et votre expérience ; vous portez de façon exemplaire les principes et les valeurs qui fondent la compétitivité allemande depuis 1949 ; et vous garderez une grande autorité en Allemagne alors qu’elle est contrainte à jouer un rôle de leader en Europe qu’elle ne souhaite pas du tout depuis trois générations.

As I write these lines, it is in a spirit of highest respect for your integrity, your competence and your experience, considering how you have upheld the values and principles which are since 1949 the real roots of German competitiveness; and the authority you will keep as Germany is forced to play the leading role in Europe, which she emphatically didn’t wish for three generations.

Vous avez très clairement expliqué, dans le Financial Times du 6 Octobre, que les pays de la Zone Euro de l’Union Européenne et plusieurs autres pays risquent de déclencher une nouvelle crise financière, plus grave que celle de 2008, parce qu’ils trainent encore à comprendre et appliquer quelques principes simples : Equilibre budgétaire, et réduction de la dette publique au niveau recommandé par l’Accord de Maastricht, qui permettraient enfin d’étouffer dans l’œuf les futures « bulles » du prix des actifs, entretenues par un excès de liquidités et par un taux de base des banques centrales nul ou quasi-nul.

You explained very clearly in the Financial Times of October 6 that the nations participating in the EU’s Euro Zone and several others are at high risk of triggering a new financial crisis, more severe than the one of 2008, because they still fail to understand and apply a few simple principles: A balanced budget, and indebtedness reduced to the level recommended by the Maastricht Agreement, which would finally choke the roots of future “bubbles” of asset prices, presently stimulated by an excess of money supply and central banks’ base rates down to zero, or close to.

Tout ce que vous dites dans cet article est exact. Mais permettez-moi de dire en quoi vous ne dites pas tout.

Everything you say in this paper is true. But allow me to state what is missing in your presentation.

En ce moment tous les pays de la Zone Euro que vous critiquez subissent les conséquences de l’agrégation absurde de la variation de leur masse monétaire et de leur dette. Et plus leur population et leur PIB augmentent, plus ils doivent augmenter leur masse monétaire.

At this time, all Euro Zone countries which you criticize suffer consequences of the absurd consolidation of increases of their money supply and of their public debt. And the combined expansion of their population and GDP imposes a money supply increase.

Depuis que le droit régalien de battre monnaie a été transféré à la BCE, banque centrale commune, un pays-membre ne peut augmenter sa masse monétaire qu’en s’endettant. Il le peut à des taux très bas, sauf s’il est déjà un débiteur à haut risque. C’est le cas de la Grèce bien sûr. Mais cela pourrait vite être le cas d’autres pays-membres si le cout du service de leur dette déjà élevée augmentait rapidement du fait d’une augmentation du taux de base, lui-même justifié par un réveil de l’inflation.

Ever since the regalian right to print money has been transferred to the European Central Bank (ECB), each member-state can expand its own money supply only by increasing its debt. It can do that at very low rates, except if it is rated as high risk. This is of course the case of Greece. But it could swiftly be the case of other members if their cost of debt service, already very high, was increased in consequence of a higher base rate, itself justified by a surge of inflation.

La haute incertitude que le Royaume Uni sorte de l’UE (Brexit), (oui ou non ? Et surtout quand ?) augmente ce risque pour toute l’UE.

The high uncertainty regarding Brexit (will happen? won’t? and above all when?) increases this risk for all EU members.

Mais l’Allemagne échappe à ces contraintes, pour trois raisons.

But Germany escapes these constraints for three reasons.

Sa population diminue: Elle a plafonné vers 82,5 millions en 2001-06, a dégringolé brutalement ensuite pour remonter presque à ce chiffre grâce à une arrivée d’un million de migrants. Voir http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/tend/DEU/fr/SP.POP.TOTL.html La faible natalité et la décroissance démographique qui en résulte est endémique. Mais elle a l’avantage de limiter la masse monétaire nécessaire.

Its population decreases: It came to an all-time high of 82.5 million in 2001-06, then dropped, and came back almost to that figure thanks to an influx of one million migrants. See http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/tend/DEU/fr/SP.POP.TOTL.html its low birthrate and the resulting demographic decrease is endemic. But it brings the benefit of limiting the needed money supply.

L’Allemagne exporte fortement, autant en Europe que dans le monde. La balance des échanges fortement positive signifie une entrée nette d’Euros qui viennent augmenter la masse monétaire sans que l’Allemagne doive faire appel à l’emprunt. Les autres membres, par contre, doivent s’endetter pour rétablir la leur.

Germany is a strong exporter, in the EU as well as in the world. Its strongly positive trade balance means a net influx of Euros increasing its money supply, so that Germany’s debt is lower and easier to manage. Other members must increase their debt to maintain theirs.

Et voici le facteur le moins connu et le mieux enraciné de la compétitivité allemande : L’Allemagne n’exporte pas seulement des automobiles. Elle domine encore plus le marché mondial des machines, équipements, et services d’ingénierie pour produire des automobiles mais aussi une grande diversité de produits manufacturés, de process (métallurgie, chimie, pharmacie…) et agricoles (dans un vignoble français les raisins sont pressés sur des machines allemandes…).

And here comes the less-known factor, and the best rooted one, which makes Germany so competitive: Germany doesn’t simply export automobiles. She dominates the world market of machinery, equipment, engineering services needed to produce automobiles but also a huge diversity of products whether manufactured or processed (metallurgy, chemistry, drugs…) and cultivated (in France a vineyard uses a German press to press the grapes.)

Quand une voiture fabriquée à Stuttgart est vendue par exemple au Brésil, cela veut dire une rentrée nette de devises pour l’Allemagne. Mais quand elle exporta au Brésil, dans les années 70-80, les machines, l’outillage, l’ingénierie, les procédés parfois brevetés, et les programmes de formation avec lesquelles le Brésil a pu produire des voitures, l’Allemagne fournit au Brésil les moyens pour faire constamment rentrer des devises dans l’avenir, tout en continuant à acheter les machines et le savoir-faire allemands.

When an automobile is produced in Stuttgart and sold in Brazil for instance, it means a net cash inflow for Germany. But when in the seventies and eighties she exported to Brazil the machinery, equipment, tooling, engineering services, the processes which are sometimes patented, and the training programs with which Brazil will produce automobiles, Germany provides Brazil with the means to constantly benefit of a currency inflow in the future, while continuing to procure German machinery and know-how.


Le savoir-faire germanique va beaucoup plus loin que la seule qualité. Il englobe toute la gestion de cette qualité y compris la formation des futurs techniciens locaux et la conformité aux standards industriels nord-américains, européens ou autres. Et ces standards sont souvent nés en Allemagne pays pionnier dans l’art d’enseigner tous métiers. Un art qui naquit quand Wilhelm Von Humboldt recommanda, en 1806-1818, que tout étudiant prussien devait combiner l’éducation livresque et théorique avec le travail sur le tas, dans l’atelier ou dans les champs, pour apprendre à mieux combiner la théorie et la pratique, ce qui est devenu le fameux apprentissage, puis la liaison université-industrie, pour lesquels l’Allemagne est célèbre.

German know-how encompasses much more than simply quality. It covers quality management, including training programs for future local technicians to ensure quality complying with American or Brazilian industrial standards. And these standards were often born in Germany, a pioneer in the art of teaching any skills. This art originated when Wilhelm Von Humboldt, in 1806-18, recommended that each Prussian student should combine scholar and academic education with on-site working in the workshop or in the fields, in order to constantly learn combining theory and practice, which eventually became the famous German apprenticeship and later University-Industry Liaison.

L’effort visant à ce qu’une procédure aboutisse vraiment au résultat souhaité a fait que la protection intellectuelle efficace représentée par le brevet d’invention allemand a d’abord été copiée par l’Amérique mais ensuite par toute l’UE avec le brevet européen, le Japon et autres. Les anciens standards de normalisation DIN (Deutsche Institut für Normung) ont influencé les standards américains et européens. Tout le monde sait fabriquer un objet. Mais le fabriquer en sachant d’avance qu’il sera conforme à un standard international de qualité et qu’on a les procédures en place pour entretenir et améliorer cette conformité, c’est là que l’apport allemand a été original, et c’est ce qui entretient la compétitivité allemande dans le très long terme.

The effort spent on conceiving a procedure so that it effectively achieves an intended result has inspired for instance the German patent, copied first in America and later in the EU, Japan and other countries. Anyone knows how to manufacture an object. But manufacturing it while knowing ahead of time that it will comply with an international standard and that one has in place the procedures that will maintain and improve this compliance, this is where the German contribution has been unique, and this is what maintains German competitiveness in the very long term.

Et par conséquent vous ne pouvez pas dire aux autres membres de l’UE de simplement faire comme les Allemands. Le faire serait engager une guerre commerciale ruineuse pour tous et encourager les populistes européens à exiger un retour au protectionnisme le plus destructeur. Il faut trouver autre chose.
Pourquoi pas les deux? Why not both?

And therefore you cannot tell other EU members to simply do as the Germans do. To do it would mean engaging into a ruinous trade war, therefore encourage all European populists to demand a return to the most destructive protectionism. We must think of something else.



Et ceci d’autant plus que nos économies sont déjà plongées dans un marasme profond du fait de la politique d’austérité que vous soutenez pour des raisons excellentes, mais qui, les choses étant ce qu’elles sont, paralysent les investissements à très long terme qui seront de toute façon nécessaires non seulement pour être compétitif mais avant tout pour travailler au grand projet de ce siècle : La conversion biocompatible, incluant la transition énergétique et la réponse au changement climatique, projet qui, lui concerne l’Allemagne comme les autres... et qui constitue d’ailleurs un marché colossal pour l’ingénierie allemande.

And this all the more that our economies are already deeply damaged by a policy of austerity which you support for excellent reasons, but which, things being what they are, paralyses the very long term investments which will anyway be mandatory to address the main project of this century: Biocompatible conversion, including energy transition and response to climate change, a project which concerns Germany just as much as other members… and will by the way represent a colossal market for German engineering.

Voici quelques solutions auxquelles notre groupe de réflexion le Comité Bastille et ses associés du Comité d’Action Démocratie Europe (CADE) travaillent depuis plusieurs années :

Here are some solutions at which our think tank Comité Bastille and its associates in the Action Committee for Democracy in Europe (CADE) have been working for several years:

Lancer la création d’un nouveau système monétaire par une conférence de même portée qu’eut en 1944 celle de Bretton-Woods. Il serait fondé sur trois ou quatre monnaies de réserve (Euro, Dollar, Yuan et peut être Yen) dont le panier constituerait la référence à laquelle toutes autres monnaies (monnaies de réserve, monnaies nationales et même locales) seraient indexées sous une parité stable, mais ajustable. L’Euro continue en tant que monnaie européenne, monnaie d’un futur Etat fédéral, et monnaie de réserve, mais chaque pays ou région devient libre de pratiquer aussi des monnaies complémentaires et locales.


Engage creation of a new monetary system through a conference that would have the same scope than Bretton-Woods in 1944. It would be based on three or four reserve currencies (Euro, dollar, Yuan and perhaps Yen), the “basket” of which will constitute the reference to which all other currencies can be pegged, but with possible adjustments. The Euros is a reserve currency, a European currency and a future Federal currency, but each country or region becomes free to use it in parallel with supplemental, local currencies.

Introduire dans la constitution des membres de l’Euro une loi de discipline budgétaire fondée sur le modèle suisse du Eidgenossen Finanzkontrol (Contrôle Fédéral des Finances) ayant toute liberté dans les seules limites de la Constitution pour imposer le respect d’un budget une fois voté par le parlement, avec ou sans un déficit justifié par des réels investissements à très long terme, donc représentant de réelles créations d’actifs. (Peut-être cette adoption encouragera les Suisses à entrer enfin dans l’UE, ce qui renforcerait encore sa crédibilité…)

Introduce in the constitution of Euro members a Law of Budgetary Discipline based on the Swiss model of their Federal Financial Control Agency (Eidgenossen Finanzkontrol) which has all freedom within the Constitution to impose respect of the budget as voted by the Parliament, with or without a budgeted deficit pegged on real long term investments, therefore representing a positive asset creation. (Maybe this reform would encourage the Swiss to join the EU, which will further increase its credibility…)

Introduire le principe de la Double Démocratie, aux niveaux nationaux et communautaire, pour garantir que toute réforme, toute loi ou règlement, tout standard mis en place en Europe, aura été débattu par des élus et parfois publiquement.

Introduce the principle of Twin-level Democracy at national and European level, so as to impose that any reform, law or regulation, any standard put in place in Europe will have been debated by elected bodies and publicly when appropriate.

Inciter les membres de la Zone Euro a engager une réforme fiscale par laquelle tous impôts sur les revenus seront graduellement remplacés par une taxe générale sur le patrimoine, ou actif net, des seules personnes physiques ; ce qui libèrera l’investissement a très long terme des charges fiscales cumulées que constituent les impôts sur les revenus supportés par tous les acteurs de l’investissement ; qui éliminera la raison d’existence des paradis fiscaux, nés en 1929 (Acte de la Chambre des Communes) très exactement pour permettre d’échapper à l’impôt permanent et progressif sur le revenu généralisé dans le monde développé entre 1893 et 1915; qui permettra enfin une réduction structurelle des inégalités de fortune et de revenus ; et forcera efficacement une retraite de la financiarisation globale qui menace en ce moment le principe même de la démocratie dans le monde.

Engage the Euro zone members into a tax reform through which all income taxes are gradually replaced by a tax on patrimony, or net assets, of sole physical persons, in order to free very long term investments of the accrued liability represented by all income taxes paid by all actors; to gradually eliminate the sole reason of tax havens existence, since they were born in 1929 (act of the House of Commons) very exactly to escape progressive, permanent Income tax generalized in the developed world between 1893 and 1915; to initiate for the first time a structural reduction of inequalities; and to force an effective retreat of global financialization which at this time is threatening the very principle of democracy in the world.

Nous espérons, maintenant que vos responsabilités dans la vie publique allemande ont changé, que vous auriez peut-être un moment pour entendre et discuter ces suggestions, et quelques autres.

We hope that perhaps, considering your shift of responsibilities in the German public life, you might have a moment to hear and discuss more of our suggestions.

Très respectueusement / Very respectfully,

André Teissier du Cros, Président, Comité Bastille ; membre fondateur, CADE


samedi 30 septembre 2017

La crise de notre temps (dette croissante imposant chômage, austérité et panne des investissements mettant en danger la nature) est née d’un système monétaire dont personne ne voulait : L’Etalon-Dette.

Deux grandes théories s’affrontent sur la nature de la monnaie depuis la naissance de la société marchande en coûtant beaucoup de salive, d’encre et de papier. Elles furent toutes les deux défendables, mais elles sont dépassées. Tous les systèmes monétaires depuis 1944 (Étalon-Or de change, monnaies de réserve, Système Monétaire Européen, Traité de Maastricht…) sont désuets. Nous vivons sans l’avoir jamais décidé à l’Age de l’Étalon-Dette. Nous expliquons ici pourquoi il est extrêmement dangereux. Pour en sortir, il faut un accord international fondant un nouveau système monétaire : Un nouveau Bretton-Woods (1944). Et il est envisageable aujourd'hui.
La théorie aristotélicienne : La monnaie doit toujours avoir une valeur objective, c’est-à-dire hors d’atteinte des pattes sales des gouvernements, financiers et autres décideurs, parce qu'immédiatement convertible à un taux fixe en une denrée d’usage et de valeur universellement reconnue, et physiquement inerte, afin qu’elle ne se dégrade pas avec le temps. L’or fut le plus souvent cette référence… et reste très présent.
La monnaie indexée sur l’or à parité fixe a régné de 1815 à 1914 au point que Jules Verne, dans ses fameux romans, n’hésitait pas à y citer ces cours gravés dans le granit : Une once d’or valait 20 Dollars, 4 livres sterlings, et 100 Francs. Un système qui avait ses avantages : Avec quelques pièces d’or on pouvait faire le tour du monde (peut-être pas toujours en quatre-vingt jours…) et acheter n’importe quelle marchandise ou service.
La théorie platonicienne : La monnaie est par nature fiduciaire, c’est-à-dire fondée sur la confiance de fait que lui accordent les acheteurs, vendeurs, salariés et investisseurs. Il est facile de le démontrer : Imaginez Robinson Crusoé dans son ile déserte découvrant une tonne de pépites d’or natif: elle ne lui servira à rien. Sa rencontre avec Vendredi, l’indigène de passage, n’y changera rien. Par contre si Vendredi lui dit : Tu ne le sais pas, mais moi je sais que notre île fait partie d’un archipel. A une journée de pirogue il y a un comptoir portugais, et avec cet or on va pouvoir leur faire faire des tas de choses, etc., cet or prend une valeur au moment même où Vendredi a divulgué une information et où Robinson lui fait confiance. Valeur négative d’abord, parce qu’il faudra partager l’or avec Vendredi, et qu’il faudra d’abord dépenser quelques pépites pour faire venir l’équipement et les esclaves pour convertir cet or en lingots assez purs pour être présentables…
Donc la réponse de Platon serait que la valeur en soi de cet or n’a rien d’objectif : Elle nous ramène toujours à la confiance qu’une population suffisamment importante, aux pratiques déjà marchandes, lui accordera. Le négociant en ferraille dira à Robinson : 

dimanche 10 septembre 2017

Le Projet TAN rendra la fraude fiscale si dangereuse qu'aucun professionnel ne se risquera plus à y collaborer.

L’avantage du Projet Taxe sur l’Actif Net (TAN, voir http://www.comitebastille.org/2015/03/le-projet-taxe-sur-lactif-net-entre.html) qui est le plus important et en même temps le plus controversé depuis le début de nos travaux en 2006, est qu’avec lui la fraude deviendra extrêmement dangereuse. Le crime ne payera plus.
Nous escomptons même que, après quelques années, l’on ne trouvera plus dans les pays ayant adopté notre projet aucun expert-comptable, banquier, avocat fiscaliste ou notaire qui se risquerait à conseiller son client dans cette tentative, et que même dans un paradis fiscal les professionnels, y compris les fameux Overseas Financial Services, prendront de plus en plus leurs distances quand ils seront sollicités.

Rappelons d’abord pourquoi le Projet TAN sera forcément appliqué un jour : 
Il vous suffit de visiter la situation à mi-2017 du contrôle budgétaire de l’Etat français à http://proxy-pubminefi.diffusion.finances.gouv.fr/pub/document/18/22660.pdf pour vous en rendre compte. Vous y verrez que nos dépenses progressent plus vite que nos recettes, et que nous continuons à ne pas maitriser notre déficit. Ceci tandis que tous nos budgets régaliens (éducation, santé, défense, sécurité, justice…) craquent de partout (voir ma lettre à Gérard Larcher Président du Sénat à http://www.comitebastille.org/2017/01/lettre-de-politique-fiction-gerard.html ), et que le service (capital et intérêts) de notre dette publique risque encore de s’alourdir (voyez la prochaine crise financière qui s’annonce, http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/07/08/les-germes-de-la-prochaine-crise_5157671_3234.html). Une réforme fiscale radicale qui nous fasse sortir du carcan de l’austérité imposée est donc inévitable[i]. Et le Projet TAN est le seul qui le rend possible.[ii]

jeudi 7 septembre 2017

Présentation du Comité d’Action pour la Démocratie en Europe (CADE) - Introduction of The Action Committee for Democracy in Europe (CADE)

Puissance Europe/Weltmacht Europa, réseau transnational d’initiatives
(http://manifeste-continental.eu), et le Comité Bastille
(http://www.comitebastille.org/), qui milite pour une réforme de la fiscalité et du droit des sociétés dans l’Union européenne, s’engagent dans une action pour la démocratie en Europe.

Puissance Europe/Weltmacht Europa, a transnational initiative network
(http://manifeste-continental.eu), and the Bastille Committee
(http://www.comitebastille.org/), campaigning for a tax reform and a corporate law reform in the EU, are to engage in an Action for Democracy in Europe.

Dans l’Union européenne, et plus encore dans la zone euro, la démocratie est menacée par l’impuissance des Etats membres face aux problèmes qu’ils ne peuvent plus résoudre chacun pour son compte, et par l’inefficacité des institutions communes, dont la gouvernance est confisquée par le Conseil européen, où les gouvernements poursuivent leurs intérêts particuliers, et par l’Eurogroupe, qui polarise la divergence entre créanciers et débiteurs.

In the EU, and even more in the Eurozone, democracy is threatened by the powerlessness of member states facing problems that they can no longer solve individually, and by the inefficiency of common institutions, whose governance has been confiscated by the European Council, where governments are pursuing their particular interests, and by the Eurogroup, who polarizes the divergence between creditors and debtors.

mardi 1 août 2017

Chronique d’Uber, une faillite potentielle aux relents de scandale que le Projet Taxe sur l’Actif Net (TAN) aurait retourné comme un gant à l’avantage des fournisseurs comme des actionnaires

Uber est devenu le modèle de nombreuses start-ups rêvant de devenir une autre GAFA[i]. Son nom a même donné naissance à quelques néologismes : « ubériser » ou « ubérisation », phénomène lié aux nouvelles technologies qui consiste, de manière quasi instantanée, à mettre en relation directe professionnels et clients à un coût de revient très réduit et ce en allégeant à l’extrême les formalités pour les usagers. Principe de l’économie collaborative, mais aussi de la précarisation du travail.
Uber est devenu un acteur majeur du monde technologique, valorisé aujourd’hui à près de 70 milliards de dollars, mais toujours pas introduit en bourse. L’entreprise n’a donc aucune obligation de rendre ses comptes publics.
Bloomberg a pu analyser les documents remis aux investisseurs. L’EBE (excédent brut d’exploitation), pour alléger cette présentation de termes comptables rébarbatifs, était négatif à hauteur de 520 millions de dollars au 1er trimestre 2016. Au second trimestre, il s’est encore amplifié pour atteindre 750 millions de dollars. En un semestre, les pertes du groupe s’élèvent ainsi au moins à 1.27 milliards de dollars pour un chiffre d’affaires d’environ 2.1 milliards de dollars, soit une rentabilité de – 57 % !

Au dernier trimestre 2016, Uber a même perdu 100 millions de dollars sur le seul marché des Etats-Unis habituellement rentable. Depuis son lancement en 2009, Uber a donc accumulé plus de 4 milliards de dollars de pertes.
Afin d’établir un parallèle avec les autres grands noms du web en forte croissance qui réalisent aussi des pertes, compréhensibles à ce stade de développement, mais d’une ampleur bien moindre, reconsidérons les estimations des chiffres de 2015 :
  • Airbnb ferait 900 millions $ de CA et 150 millions $ de pertes, soit -16,7%
  • Twitter réalise 2,2 milliards $ de CA et 521 millions $ de pertes, soit -26%
  • Tesla réalise 4 milliards $ de CA et 888 millions $ de pertes, soit -22,5%
  • Uber ferait 1,5 milliards $ de CA et … 2 milliards $ de pertes, soit -133% !

vendredi 7 juillet 2017

Pourquoi le Projet Taxe sur l’Actif Net (TAN) renversera la fuite des capitaux.

Le Projet TAN attirera les capitaux en France au lieu de les faire fuir, parce qu’il abolit à terme tout Impôt sur le Revenu (IR)[1], et rend attractifs pour l’épargne française cent milliards par an d’investissements en Fonds Permanents directs dans la transition verte de notre économie, dont les marchés et emplois créés seront d’abord domestiques.

Quand on parle de fuite des capitaux, on prononce un diagnostic fortement chargé émotionnellement. Que veut-on dire au juste ?
·         On veut dire que des contribuables propriétaires de biens, de titres divers de propriété (actions et parts cotées en bourse ou non-cotées) choisissent une résidence fiscale hors de France ;
·         Qu’ils vendent leurs biens en France, et investissent le produit de cette vente à l’étranger, soit de façon directe (rachat d’une entreprise étrangère) soit sous forme de biens (une maison en Belgique…), soit d’instruments financiers (actions et obligations cotées) ;
·         Qu’ils transfèrent le contrôle de tous leurs instruments financiers vers des entités dont ils ont le contrôle, dont le siège fiscal est dans un pays fiscalement favorable.
·         On veut dire aussi que des entrepreneurs français actuels ou potentiels (start-ups) émigrent pour réaliser ailleurs leurs projets de créations d’entreprises, parfois innovantes, et pour être taxés suivant le code fiscal du pays d’accueil.

vendredi 23 juin 2017

Les jeunes Européens votent à gauche, et pour l'Europe qui accepte mais inclut les différences. C'est là qu'ils trouvent à rêver et à espérer.

Les jeunes vont-ils réinventer la roue et répéter certaines erreurs du passé comme en Mai 68, ou au contraire remonter aux sources de l'Europe, celle de la même loi pour tous, tout en incluant l'Autre (inclusion additive) ? Celle des différences qu’on vit ensemble au lieu des affrontements dogmatiques ?

Jeremy Corbyn, le dinosaure de l’Étatisme 
et des nationalisations,
fait un tabac chez les jeunes britanniques.


Des jeunes européens polyglottes et voyageurs, les Français comme les autres.
C’est ce que propose Bernard Barthalay, Président de Puissance Europe, dans  son blog sur World Government Research Network, voir http://wgresearch.org/macron-brand-stand/.  Ce papier s’adresse aux jeunes Européens polyglottes et voyageurs, qui apprennent en allant parler à l’autre chez lui au lieu d’étudier dans les textes publiquement accessibles. Il est donc en anglais. Je le résume et le commente.
En Grande Bretagne, Agnès Catherine-Poirier (Marianne, 17 Juin) écrit que 70% des jeunes de 18 à 25 ans ont voté le 8 Juin, et ils ont voté pour Jeremy Corbyn, travailliste, que les médias décrivent comme un dinosaure socialiste de Grand-papa.
Jean-Luc Mélenchon a mieux tiré son épingle 
du jeu électoral que le reste de la gauche. 
Les jeunes y sont pour beaucoup.

Jean-Luc Mélenchon, que beaucoup décrivent comme le revenant du Marxisme soit pré-Lénine, soit révisé par Spinoza comme le propose Frédéric Lordon, a fortement séduit les jeunes.
Bien sûr, ce sont des utopistes ! Mais attention: Le modèle socio-économique dominant en Europe comme en Amérique est arrivé à combiner l'austérité, le chômage, la croissance fatale des inégalités, l'aliénation qui va avec, le refus de l'étranger mais la tolérance de la corruption planétaire, le tout marqué de l'estampille de Maggie Thatcher garantissant qu'il n'y a pas d'alternative. Et surtout pas celle qui vous donnerait les raisons de rêver et d'espérer. Nous croyons que l’utopie, aujourd’hui, c’est de croire que ce modèle peut survivre longtemps.

lundi 5 juin 2017

On this 73rd anniversary of the Normandy landing, it seems to be time to reinvent the Free World.

Cette page s’adressant à notre audience européenne est exceptionnellement en anglais.  

An independent NATO could replace the US as supreme guarantor of peace. 

The EU could become the Tax Haven for business and entrepreneurs only, thus financing NATO with recovered proceeds of tax evasion, and setting free the Very Long Term Investments (30-100 Yr.) palliating climate change, threats on ecosystems, cyberterrorism and psycho-warfare.

In June 2016, the people of the United Kingdom (UK) have voted to let their government negotiate Brexit, i. e. Britain exit from the European Union (EU). Formal negotiations are about to begin. Within two years, probably a bit more, the UK will no more be a member of the EU. Unless Euripides’ Law[i] plays some tricks.
Within the UK, the people of Ireland and Northern Ireland are the first to face unforeseen and critical consequences: Will the Good Friday Agreement (1998) become obsolete? With this agreement, the EU managed erasing the border artificially separating them. This formally ended a state of conflict punctuated by war and terrorism which, in practice, prevailed since Elizabeth the First… It means that the Irish people have a case to finally unite, and stay in the EU where they already belong, while keeping with the UK any trade and other agreements. A similar request from Scotland will probably follow. The scenario now in progress could end with the termination of a three-centuries-old union of kingdoms which, formally, never ceased to consider themselves as sovereign nations. Probable? No. But no more impossible.

lundi 22 mai 2017

Trop d’impôts. Trop de chômage. Trop de déficits. Trop de dettes. La quadrature du cercle face a l'UE et au G7.

Nous mettons ici à jour un papier datant du 1/3/2012.

Et d'abord payons-nous trop d’impôts, et pourquoi?  
Cette question est au cœur des débats qui s’ouvrent en ce moment (Mai-Juin 2017) avec Bruxelles, c’est-à-dire entre la France et l’Allemagne, à propos de discipline budgétaire, ou de responsabilité budgétaire comme nos amis de Puissance Europe préfèrent ; et elle est au cœur du Projet Taxe sur l’Actif Net (TAN)
Le débat tourne autour de ces questions :
o   Devons-nous équilibrer à tout prix notre budget (recettes égale dépenses) en augmentant certains impôts et en réduisant certaines dépenses (thèse notamment de Wolfgang Schaüble, Ministre des Finances de l’Allemagne fédérale)?
o   Dans ce cas, devons-nous imposer une politique générale de réduction des emplois publics (thèse populaire à droite), et augmenter soit la TVA (thèse de droite), soit l’ISF (thèse de gauche), soit l’Impôt sur les Sociétés (IS, sur les bénéfices, thèse de gauche) ?
o   Dans ce même cas, devrions-nous plutôt imposer une Taxe sur l’Actif Net remplaçant ISF, Taxe Foncière et Droits de Succession destinée à augmenter tous les ans jusqu’à rendre possible la forte réduction d’abord, l’abolition ensuite de tout impôt sur le revenu (IS, IRPP, CSG, CRDS) ce que propose le Comité Bastille dans son Projet TAN ?
o   Devons-nous instaurer une discipline budgétaire ferme, qui impose vraiment le respect d’un déficit maximal, savoir 3% dans le Traité de Maastricht ?
o   Si nous instaurons cette discipline, devons-nous la faire imposer par une institution veillant sur le droit constitutionnel, le Conseil Constitutionnel par exemple (proposition du Comité Bastille, et pratique notamment de la Suisse, voir https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19670112/index.html), ou bien faisons-nous confiance aux gouvernements successifs pour la respecter (ce qu’ils n’ont pas fait depuis 40 ans…) ?
o   Si nous instaurons cette discipline peu importe de quelle manière, devons-nous compléter la règle des 3% par une exception : Ne seront pas comptés dans le déficit les dépenses (et endettements correspondants) qui financent des créations d’actifs, lesquels sont des vraies richesses pour le long terme, telles que les investissements à très long terme (ITLT) dans la conversion biocompatible de l’économie (proposition du Comité Bastille) ; en plus, l’accroissement de population active ou qui sera active (une autre de nos propositions) permettra un déficit supplémentaire, mais à condition de moduler ces accroissements de telle sorte que la pression fiscale globale supportée par notre économie aille en décroissant lentement (encore une autre de nos propositions) et que la dette extérieure diminue aussi[i] ?
o      Et dans ce cas, jusqu’où pouvons-nous aller dans ces ITLT, sachant qu'ils diminuent les importations de combustibles fossiles, qu'ils accélèrent la sortie du nucléaire, qu'ils créent des emplois non-délocalisables, qu'ils réduisent les pollutions et la destruction des écosystèmes, qu'ils donnent à notre agriculture les moyens pour sortir du marasme, et qu'ils ajoutent des points de croissance, sans être accusés de dévaluation interne - ce qui serait faux - et de concurrence fiscale - ce qui resterait faux pendant les 3 ou 4 années ou nous ne faisons que nous aligner sur la fiscalité d'autres membres de l'UE ? (Le Projet TAN dit: 300 000 emplois pour 100 milliards d'ITLT par an pendant dix ans)?

Ceci dit, derrière ces questions s’en cachent d’autres, bien plus fondamentales, relatives à : La pression fiscale, l’endettement, et le déficit budgétaire[ii].

Parlons d'abord...

vendredi 19 mai 2017

Budget 2018: Pas de Loi de Discipline Budgétaire, donc pas d'investissements à long terme, donc pas de conversion verte de l'économie, donc pas de création d'emplois, et scepticisme de l'Allemagne assuré.

Les ajustements fiscaux envisagés pour 2018 par le tout nouveau gouvernement formé par La République En Marche (REM) contiennent quelques bonnes choses, deux très mauvaises, et un piège. Quel dommage, alors qu'il est légitimement porté par une grande vague d’espoir. Est-il encore temps de réagir ?
Le piège d'abord. Nicolas Hulot, rompant avec ses refus passés de jouer avec la politique, a accepté un grand ministère de l'environnement. Il a l'audience et le crédit lui permettant d'engager la bataille pour la sortie graduelle mais ferme du nucléaire et pour l'arrêt du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. Ce projet est l’emblème de la politique passée favorisant la tonne de béton et le baril de kérosène au détriment des écosystèmes. C’est là sa grande et dernière chance - et de tout cœur nous lui souhaitons bonne chance - de fortement influencer le grand virage, la conversion biocompatible de l’économie française comme dit Corinne Lepage, avec la formidable création d'emplois qu’entraînera ce virage.
Car pour financer ce grand virage (transition énergétique intégrant le stockage d’énergie, agrosylviculture[i] et agriculture bio, mobilité électrique, reconquête de l’eau fraiche, habitat énergétiquement neutre, adaptation au changement climatique, plus numérisation, formation et R&D accompagnant le tout) nous démontrons qu’il faut investir à très long terme (30 à 100 ans) cent milliards par an pendant dix ans. Nous créons alors trois millions d’emplois directs[ii].
Mille milliards pour engager la conversion biocompatible
de la France dans le contexte du changement climatique,
c'est possible. Cela crée trois millions d'emplois..
Mais bien entendu un tel objectif ferait bondir Bruxelles : Que deviendrait le déficit budgétaire, dont l’objectif de 3%, rarement atteint, n’a pas été respecté depuis 2007 ?
Or il est possible de satisfaire Bruxelles, et Wolfgang Schaüble qui veille derrière.
Il faut...